BASTION VERROUILLÉ - EXERCICE-EXERCICE-EXERCICE

Larger image La rapidité et l’efficacité de la PM ont permis d’arrêter le tireur. Derrière, des observateurs évaluent le travail des policiers. Photo - Cpl Nathan Moulton, Imagerie Valcartier

Par Simon Leblanc, journal Adsum

Il est 13 h 21, le mercredi 26 octobre, une journée ordinaire de semaine à la Base Valcartier. Soudainement une alerte se déclenche sur les ordinateurs connectés au réseau de la Défense. Une alarme se met à retentir et les écrans de tous les usagers affichent le message envoyé par les autorités de la Base Valcartier : «EXERCICE – TIREUR ACTIF – CONFINEMENT. EXERCICE EXERCICE EXERCICE – Tireur actif dans la bâtisse 516 (Centre des sports). ENTAMER CONFINEMENT BARRICADÉ – Réfugiez-vous dans la pièce la plus proche. Autres bâtisse – ENTAMER LE CONFINEMENT POUR SÉCURITÉ.»

À peine quelques minutes plus tôt, à 13 h 15, un premier appel a été logé au Centre d’appel d’urgence (CAU) rapportant la présence d’un homme armé dans le Centre des sports de la base. La Police militaire (PM) se met immédiatement en route et lance l’alerte «LOCKDOWN» (confinement).  

Locaux verrouillés, lumières fermées, stores baissés, le personnel militaire et civil suit les procédures de confinement qui lui ont été communiquées quelques jours auparavant, en vue de l’exercice. Les activités cessent et le silence s’étend sur la base, sauf au Centre des sports où claquent les tirs de l’intrus.

Rendue sur les lieux, la PM scrute les moindres recoins du bâtiment à la recherche du tireur. Les policiers le cernent et parviennent rapidement à le neutraliser. L’homme, un acteur, précisons-le, est vêtu d’un pantalon de camouflage gris et coiffé d’un bonnet noir.

Pourquoi tout ce remue-ménage? La Base de soutien de la 2e Division du Canada Valcartier voulait de prime abord valider son plan d’urgence en cas d’incident critique. Les incidents critiques englobent plusieurs types de situation : tireur actif, prise d’otage, personne barricadée, colis suspect et alerte à la bombe. Les interventions dans ces cas précis relèvent de la responsabilité du commandant des incidents de la Police militaire (CIC PM), des autorités de la Base et de la Force opérationnelle interarmées.

Comme l’explique le coordonnateur de la Base Valcartier, major Christian Martin, BASTION VERROUILLÉ visait également à sensibiliser les effectifs de la base aux gestes à poser dans l’éventualité où une telle menace se déclarait. Les organisateurs ont testé par la même occasion les systèmes d’alerte, tel le message apparu sur les écrans d’ordinateur, ainsi que l’efficacité des moyens de communication.

«Dans ce genre de situation, le nerf de la guerre, c’est l’information. Il est essentiel que tout le monde soit informé de ce qui se passe et connaisse la procédure à prendre», indique le Maj Martin.

Tout au long de l’entraînement, des observateurs étaient postés en divers endroits pour rendre compte du déroulement des opérations : commandement et contrôle, communications entre les responsables, réactions du personnel, intervention de la police militaire, etc.

«Tout s’est bien passé. Pour cette première expérience, on voulait voir comment ça allait se passer, et les objectifs ont été rencontrés», a expliqué le coordonnateur lors d’une rencontre post-événement entre les principaux intervenants. À la lumière des commentaires récoltés, des améliorations seront apportées au plan d’urgence et les changements communiqués si nécessaire au personnel.  

Pendant l’exercice, le capitaine Gilles Henry, officier des opérations de la Base Valcartier, était accompagné de deux responsables de la sécurité du Cégep de Beauce-Appalaches, présents à titre d’observateurs. Ces derniers auraient été étonnés de voir la bonne préparation de la base. «On est en avance sur beaucoup d’établissements en matière de plan d’urgence. Cet exercice a permis de voir que notre niveau de réaction est élevé», affirme le Capt Henry.

Un autre exercice du genre se tiendra au printemps, cette fois à la Citadelle de Québec. En ce qui concerne la Base Valcartier, le plan d’urgence devrait être remis en pratique au cours de l’année 2017.

 

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