Retrouver le chemin du bonheur grâce au chien d’assistance

Larger image Cannonball a aidé le caporal-chef Mario Desfossés, aujourd’hui à la retraite, à retrouver une vie normale. Photo - Gracieuseté

Par Simon Leblanc, journal Adsum

En 2013, le caporal-chef à la retraite Mario Desfossés reçoit un diagnostic d’état de stress post-traumatique (ESPT). Sa vie bascule. Heureusement pour lui, Cannonball, son chien d’assistance, est là.

Rencontré à ce sujet par l’Adsum, l’ancien militaire de la Base Valcartier raconte de quelle façon son bulldog l’a accompagné sur le chemin du rétablissement.

En 2015, Mario Desfossés quitte l’Armée canadienne (AC) après 27 ans de service. Sa feuille de route comprend entre autres un déploiement en Bosnie et deux en Afghanistan. Mais c’est en 1990, ici au Québec pendant la crise d’Oka, qu’apparaissent les premiers symptômes d’un état qui ne sera confirmé que 23 ans plus tard, en 2013.

Souhaitant poursuivre sa carrière militaire malgré ce diagnostic, M. Desfossés entame une thérapie. Il emmène avec lui son fidèle compagnon Cannonball. Convaincu que son bulldog ferait un bon chien d’assistance, il obtient de l’AC une aide financière pour suivre un cours de maître-chien.

Avant de recevoir une certification de chien d’assistance, le chien reçoit un entraînement spécialisé. Il deviendra ainsi une aide précieuse pour un futur maître atteint d’un handicap mental ou physique. Pensons aux célèbres chiens Mira, par exemple. Protégés par la loi, les chiens d’assistance sont acceptés dans tous les lieux publics.

Dans le cas de Mario Desfossés, il fallait que Cannonball apprenne les comportements requis pour pouvoir accompagner une personne atteinte de l’ESPT : rester calme, comment se tenir dans les lieux publics, les ascenseurs, les avions... Il est donc allé à l’école, avec son maître, plus précisément à l’école des métiers du chien CynoDo de Saint-Hyacinthe. «Il faut que le chien devienne comme une extension du corps de son propriétaire», explique le caporal-chef à la retraite.

Le dressage terminé, le chien reçoit le statut officiel de chien d’assistance, certifié par une carte d’identification et une puce électronique. Depuis, Cannonball suit son maître. «Un chien d’assistance peut accompagner son maître partout où il va», signale M. Desfossés. Si un établissement leur refuse l’entrée, il est passible d’une amende pouvant atteindre un montant de 10 000 $ pour violation des droits protégés par la Charte des droits et libertés de la personne.  

C’est ainsi que M. Desfossés a pu, en 2015, réintégrer ses fonctions de technicien en munitions à la Base Valcartier pendant six mois. Il est devenu le premier militaire en service à travailler avec un chien d’assistance. Une fois l’uniforme rangé pour de bon, Mario Desfossés suit une autre formation, cette fois à la Zoo Académie de Nicolet où enseigne la réputée Jacinthe Bouchard, une spécialiste du comportement animal. Grâce à Mme Bouchard, Cannonball devient alors un chien d’assistance exemplaire.

Un sentiment de sécurité accru

Avant sa thérapie, Mario Desfossés était incapable de tourner le dos aux étrangers dans un lieu public. Il devait connaître l’emplacement de chaque personne. Face à des situations stressantes sur lesquelles il n’avait aucun contrôle, il lui arrivait d’être envahi de panique et de se précipiter vers la sortie la plus proche.

Tout cela a changé depuis que Cannonball l’accompagne dans ses déplacements. Un jour à l’épicerie, Mario Desfossés sent la panique le gagner. Grâce à un sens particulier que possèdent les chiens, Cannonball détecte chez son maître une augmentation du taux de cortisol, l’hormone du stress. La nervosité gagne le chien. Par instinct, il cherche du réconfort auprès de son maître en se rapprochant de lui. Ce comportement a pour effet de détourner l’attention du maître qui flatte son chien. Réciproquement, le maître ressent un apaisement et peut poursuivre ses activités normalement. N’eut été de son accompagnateur à quatre pattes ce jour-là, M. Desfossés aurait abandonné son panier au beau milieu de l’épicerie pour quitter précipitamment les lieux.

Le chien d’assistance aide son maître à repousser ses idées noires. De plus, il favorise la réinsertion sociale en détournant l’attention sur lui. «Quand on est post-traumatique, on essaie de s’effacer dans les lieux publics. Par la force des choses, le chien nous pousse à parler aux gens, car ils viennent voir le chien. Ça nous fait parler de lui et de nous, ce qui aide à établir des liens et à revenir graduellement à une vie normale», explique Mario Desfossés.

Les nuits sont également plus sereines en présence d’un chien d’assistance. S’il est formé en conséquence, il réveillera son maître pour le sortir d’un cauchemar. En cas d’incendie, le chien réveillera son maître, même s’il est endormi trop profondément en raison de sa médication par exemple. Le meilleur ami de l’homme pourrait également être entraîné à appuyer sur un bouton d’urgence si le domicile de son maître en est équipé. Pour les personnes à mobilité réduite, le chien d’assistance actionne l’ouverture des portes automatiques.

Aujourd’hui, Mario Desfossés mène une vie normale. Il est capable de sortir en public sans Cannonball et ne craint plus ce qui se passe derrière son dos. De retour sur les bancs de l’école, il souhaite aller à l’université.

Un prix prestigieux pour Cannonball

Quant à Cannonball, il a obtenu de l’organisme People’s Dispensary for Sick Animals (PDSA) un prix qui reconnaît le dévouement d’un animal envers son devoir. Cannonball a aidé son maître à retrouver une vie sociale active. Avec cette nomination, le bulldog rejoint une liste sélecte d’animaux, chiens, chats et chevaux, qui, par leurs actions, ont sauvé ou enrichit la vie de leur compagnon. Il est d’ailleurs le premier chien au Canada à obtenir cette récompense et le premier de sa race à l’échelle mondiale.

Ce serait une erreur de confondre le chien d’assistance avec le chien thérapeutique. Le chien thérapeutique est plutôt employé par les thérapeutes pour faciliter les échanges avec les patients. La police a également recours à ces chiens pour aider les enfants à se sentir moins intimidés pendant un interrogatoire. Les enquêteurs leur demandent alors de se confier à l’animal, ce qui est naturellement plus facile pour eux.

Vous aimeriez entreprendre des démarches pour obtenir un chien d’assistance? Communiquez avec le ministère des Anciens Combattants.

<< Back to home page