Le 430 ETAH en Irak : Quatre mois au cœur de l’action

Larger image Un tireur du 430 ETAH observe le terrain pendant qu’un CH-146 Griffon vole au-dessus d’un village. Photo - Caméra de combat, Forces canadiennes.

Par Simon Leblanc, journal Adsum

Pendant quatre mois, du 6 octobre 2016 au 19 janvier 2017, les 60 militaires du 430e Escadron tactique d’hélicoptères déployés dans le cadre de l’opération IMPACT en Irak n’ont pas lésiné sur les efforts. Douze heures par jour en moyenne, sept jours sur sept, ils ont été appelés à accomplir diverses tâches en plein cœur de l’action de la coalition contre Daech.    

«Les hélicoptères canadiens sont les appareils à tout faire de la coalition, ce qui fait en sorte qu’on répond à beaucoup de demandes», indique le commandant du 430e Escadron tactique d’hélicoptères, basé à Valcartier, lieutenant-colonel Carol Potvin.

Lors de ce déploiement, le Lcol Potvin commandait le détachement d’aviation tactique dans le nord de l’Irak. Un de ses rôles était de gérer le risque des opérations exécutées par ses membres. «Je voulais m’assurer de compléter la mission tout en évitant des incidents, pour le bien-être de tous», confie-t-il.  

Avant d’entreprendre quoi que ce soit sur le terrain, le 430 ETAH devait mettre en place un camp en bonne et due forme pour y séjourner et entretenir les quatre CH-146 Griffon. Le 427e Escadron tactique d’hélicoptères, que le 430 ETAH a remplacé, avait moins de militaires sur place et séjournait sur un camp américain. Le camp, bâti à l’aide d’ingénieurs, a été établi sur un champ désert à Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan. C’est à cet endroit que l’ensemble des installations de la coalition se trouve. On y compte plus de 4000 soldats.

L’offensive sur Mossoul

Les médias en parlaient depuis quelques mois, mais c’est une semaine après l’arrivée des membres du 430 ETAH que les Kurdes ont lancé leur offensive sur Mossoul, ville du nord de l’Irak contrôlée par Daech. Le rythme des opérations s’est alors accéléré.  

«Ça faisait plusieurs mois que cette offensive était anticipée, mais on ne s’attendait pas à ça au moment de prendre le commandement du détachement d’aviation tactique», confesse le Lcol Potvin.  

Les membres du 430 ETAH se sont donc attelés au transport de troupes, de matériel et de vivres jusqu’aux Canadiens près des lignes ennemies. Afin de réduire le risque de ces opérations pour ses équipages, le commandant, de concert avec les officiers et sous-officiers du renseignement, analysait le terrain pour établir la route à prendre en fonction des positions de l’ennemi sur le terrain.

En effet, Daech n’est pas une force à négliger, comme le précise le Lcol Potvin. Lorsque les forces irakiennes ont quitté les lieux, les extrêmistes de Daech ont saisi tout leur équipement, y compris des missiles antiaériens.

L’essentiel des missions du 430 ETAH se faisait dans le Kurdistan à partir d’Erbil. Le territoire d’opérations de l’escadron couvrait une superficie d’environ 150 kilomètres par 300 kilomètres. Sept ou huit zones d’atterrissage à bas risque étaient utilisées.

Les CH-146 Griffon ont également servi au transport de généraux et de VIP de l’aéroport de Bagdad à la zone verte, endroit où se trouvent les ambassades étrangères. Pour se rendre jusqu’à cette enclave protégée en plein centre de la ville, les pilotes faisaient du vol tactique dans le but d’éviter d’être repérés de loin par l’ennemi.

Les soirées étaient consacrées à la maintenance des hélicoptères Griffon. Le jour, les appareils, exposés à un soleil ardent, étaient trop brûlants pour faire leur entretien. Mais cela n’a jamais empêché les Griffon de faire leur travail. «Nous sommes chanceux d’avoir le Griffon. Même dans ces conditions chaudes et sèches, il performe bien et ne brise pas. Pour faire entre 8 et 20 heures de vol par jour, on a besoin d’un hélicoptère fiable», affirme le Lcol Potvin. 

Le 430 ETAH jouissait aussi d’une bonne collaboration avec les autres pays de la coalition, les États-Unis, la France, l’Italie et le Royaume-Uni.

Une population partagée

Lorsque le Lcol Potvin prenait les commandes d’un appareil et survolait le nord du pays, des gens du peuple le saluaient de la main.

«Les Kurdes sont extrêmement heureux de nous savoir là pour les aider à combattre Daech et à reprendre le contrôle de leur pays», précise-t-il.

L’accueil de la population était moins chaleureux au sud de l’Irak où les milices chiites n’apprécient pas la présence de la coalition. Ces clans de guerre, qui se comptent par centaines, n’aiment pas Daech. Ils voudraient régler le conflit eux-mêmes. Pour montrer leur mécontentement, des miliciens tiraient des roches en direction des hélicoptères.

«Dans le sud, les milices nous voient comme une force d’occupation. Il est difficile de leur faire comprendre que ce n’est pas le cas. On veut redonner l’Irak aux Irakiens et non leur prendre», insiste le commandant du 430 ETAH.

Toutefois, ce dernier croit fermement qu’il y a de l’espoir pour le peuple irakien. Il a été à même d’observer l’avancement des troupes kurdes et des forces irakiennes sur Daech. Il sent qu’une fois que le problème de Daech sera réglé, les Kurdes, Chiites et Sunnites pourront mettre l’accent sur la reconstruction du pays. Il estime que Mossoul pourrait être libéré d’ici quelques mois.

Prendre soin de son monde

La soixantaine de militaires déployés en Irak étaient très bien entraînés. Ainsi, le plus grand apprentissage que le Lcol a fait pendant ce tour n’est pas venu des opérations, mais de la gestion de son personnel. Comment changer les idées des membres de son équipe qui s’ennuient de la maison, travaillent de longues heures et qui vivent du stress. C’était d’autant plus important puisque le déploiement s’est fait en plein temps des Fêtes.

Heureusement, plusieurs activités ont été organisées. À l’aide de son adjudant-chef, le Lcol Potvin communiquait beaucoup avec ses membres. Ils avaient également la chance de communiquer avec leur famille par Internet. «C’est certain que c’est une période difficile [les Fêtes] pour un déploiement. On essaie de ne pas y penser, mais on aimerait être avec nos familles. Je suis extrêmement fier de mes troupes. Tout le monde a bien travaillé, je n’aurais pas pu être mieux servi», souligne le Lcol Potvin.

Jusqu’en avril, 55 membres du 430 ETAH poursuivent leurs activités au sein de la coalition. De ce nombre, 40 sont arrivés en janvier et 15 poursuivent le déploiement jusqu’en mars. Ils sont commandés par un major de l’unité.

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