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Larger image Le Cpl (ret.) Yves Huard a monté les 5895 mètres du Kilimandjaro et les 6962 mètres de l’Aconcagua. Photo - Simon Leblanc, Adsum

Par Simon Leblanc, journal Adsum

Un vétéran des Forces armées canadiennes (FAC), le caporal à la retraite Yves Huard, se lance dans un projet de mentorat sportif pour soutenir les personnes atteintes d’ESPT dans leur processus de guérison.

Le Cpl (ret.) Huard a reçu un diagnostic d’état de stress post-traumatique (ESPT) en 2013. «C’est un projet motivant qui va me permettre de continuer à avancer et à me sortir du côté obscur de l’ESPT», affirme-t-il d’emblée.

Ce côté obscur, l’ancien membre du Royal 22e Régiment (R22eR) y est entré après avoir été exposé à des événements traumatiques pendant des missions à l’étranger. Celles-ci l’ont confronté à la peur de mourir ou d’être gravement blessé, à un sentiment d’impuissance et à l’horreur. Passant du 3e Bataillon, R22eR au 1er Bataillon, R22eR, le Cpl (ret.) Huard a servi pendant 23 ans (de 1987 à 2010) dans l’Armée canadienne. Il a été déployé en Croatie, en Bosnie et en Haïti. En sol canadien, il était des militaires qui ont aidé les autorités civiles pendant la crise d’Oka et la crise du verglas.

Après sa libération des FAC, Yves Huard a compris qu’il y avait toujours quelque chose qui ne fonctionnait pas sans savoir ce que c’était précisément. Le constat ne s’est toutefois pas fait du jour au lendemain. Au départ, il attribuait ses difficultés à un surplus de poids. Il s’est donc mis à l’entraînement intensivement. En cinq mois, il est passé de 109 kg à 77 kg, poids qu’il maintient aujourd’hui. Constatant ensuite que ses problèmes de santé étaient toujours présents, il a marché sur son orgueil et est allé cogner aux portes pour obtenir de l’aide pour son ESPT.

Leadership et passion pour le sport

En 2014, la vie du Cpl (ret.) Huard a changé. Sportif aguerri, il s’est joint à l’expérience Tous pour un Kili, un organisme à but non lucratif qui s’adressait aux militaires et ex-militaires atteints de l’ESPT et désireux de sortir de leur isolement. Avec un groupe et des accompagnateurs, l’ancien «Vingt-deux» a monté les 5895 mètres du Kilimandjaro en Tanzanie. En plus de l’aider à sortir de l’isolement, cette expérience lui a permis de retrouver ses qualités de leadership. En meilleure forme physique que la moyenne, il était l’un de ceux qui rebroussaient chemin pour aider et motiver les retardataires.   

Du 7 au 28 janvier dernier, avant de se lancer corps et âme dans son projet de mentorat, Yves Huard a décidé de repousser ses limites de nouveau en faisant un voyage de groupe en Argentine où il a fait l’ascension de l’Aconcagua, qui s’élève à 6962 mètres. Comme l’explique le vétéran du R22eR, cette expérience lui a permis de comprendre que c’est l’adrénaline que lui fournit le sport qui le pousse à s’améliorer. C’est ainsi que s’est confirmé son désir d’aider ses confrères à retrouver la santé en s’adonnant à des activités physiques.

«L’activité physique m’a sauvé la vie. Je veux qu’il en soit de même pour des frères d’armes qui vivent avec l’ESPT», confie-t-il.  

Encore lui-même en processus de guérison, il prend ça un jour à la fois et croit fermement que ce projet de mentorat aidera non seulement d’autres militaires et ex-militaires à améliorer leur condition, mais contribuera également à son bien-être personnel. Ni psychologue, ni accompagnateur, M. Huard compte utiliser sa qualification d’entraîneur et ses capacités physiques pour guider les personnes atteintes de l’ESPT.

Pour mettre son projet sur pied, le Cpl (ret.) Huard bénéficiera de l’aide du coordonnateur de la région du Québec du Programme Sans limites, adjudant Marcel Nadeau.

@txttab:Les personnes intéressées par le mentorat offert par Yves Huard peuvent se référer à Sans limites, au SSBSO et à l’UISP. Pour en savoir plus, visitez le blogue de M. Huard à aconcagua2017site.wordpress.com. 

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