Déployé avec le 2 R22eR pour l’op LENTUS : le padré Dupont raconte

Larger image L'équipe de commandement et le padré ont mis les mains à la pâte! Photo - Gracieuseté

Par le padré (Ltv) Sébastien Dupont, Compagnie des Services, 2e Bataillon, Royal 22eRégiment

Près de 12 heures après avoir reçu la nouvelle qu’ils étaient mobilisés pour l’opération LENTUS, 182 membres du 2e Bataillon, Royal 22e Régiment (2 R22eR) sont partis en direction de Saint-Jean-sur-Richelieu le dimanche 7 mai.

La plupart d’entre nous venaient juste d’arriver de Fort Drum (É.-U.) où nous avions passé deux semaines intenses à participer à l’exercice CASTOR URBAIN. Même si c’est avec un pincement au cœur que nous avons encore quitté nos familles, c’est avec fierté, dévouement et empressement que nous sommes partis pour servir nos concitoyens dans le besoin. Voilà que se présentait une occasion concrète de mettre en pratique notre entraînement et notre ethos militaire, spécialement la partie qui appelle au dépassement de soi pour servir le Canada d’abord.

Bien sûr, la fatigue accumulée de part et d’autre, ajoutée à la soudaineté de notre départ, a mis sous pression les familles de nos militaires, et certaines plus que d’autres. J’ai suivi de près la situation familiale de plusieurs membres, en lien avec l’arrière-garde de Valcartier. L’expression anglaise «Mission first, people always», qui peut se traduire par «La mission d’abord, les personnes toujours» est juste. Aucune mission n’est possible sans des soldats en bon état physique, émotionnel, mental et spirituel. C’est vu de cet angle qu’on peut comprendre et estimer la contribution de l’aumônier pour soutenir le moral et l’efficacité opérationnelle des troupes.

Notre rythme de bataille était encore étendu et soutenu après la première semaine d’opérations. J’ai eu l’opportunité de participer de près au travail quotidien de nos troupes de la Garnison Saint-Jean sur nos sites de production de sacs de sable et sur les terrains d’opérations de la ZO 3 (Rigaud, Terrasse-Vaudreuil, Saint-André d’Argenteuil et Pierrefonds). J’ai pu alors constater que le moral des troupes était excellent, du fait qu’ils accomplissaient leur mission fondamentale en venant en aide à la population locale frappée par les inondations.

Je n’avais jamais été témoin d’un tel désastre dans mon pays (si ce n’est la crise du verglas), mais aussi d’une telle vague de solidarité, d’entraide et de reconnaissance envers les Forces armées canadiennes (FAC). Les gens nous ont exprimé leur gratitude en gestes et en paroles, parfois en nous apportant du café et même des choses à manger. Beaucoup de médias avaient l’air de nous suivre à la trace pour analyser tous nos faits et gestes. Leurs comptes rendus étaient généralement très positifs et reconnaissaient la valeur du travail de l’Armée.

Le 13 mai, nous nous sommes repositionnés dans la ZO 4 en Mauricie, dans les environs de Shawinigan. Nous sommes venus en renfort aux troupes du 5e Régiment d’artillerie légère du Canada (5 RALC) qui s’activaient au NCSM Radisson de Trois-Rivières.

Le dimanche 14 mai, deux membres du 5 RALC, leur padré et moi-même sommes allés à la Cathédrale de Trois-Rivières. Pendant la messe à laquelle nous avons assisté, le prêtre a signalé notre présence à l’assemblée et les paroissiens nous ont réservé un accueil chaleureux. Nous avons étiré notre présence à la cathédrale pour échanger avec les paroissiens qui étaient très contents de nous voir et de pouvoir nous dire merci pour notre présence et pour le secours des FAC. Nous avons ensuite rencontré les membres d’une communauté franciscaine (Les Pauvres de Saint François) avec lesquels nous avons eu des discussions très intéressantes.

Après une rétrospective du dernier mois qui nous avait réservé un exercice intense à Fort Drum suivi de cette opération domestique exigeante aux points de vue physique et émotionnel, une dernière évaluation du moral a montré un certain essoufflement des troupes, tout à fait normal dans les circonstances. Nos membres commençaient à avoir hâte de revenir à la maison tout en espérant bénéficier de quelques jours de repos bien mérités auprès de leur famille. C’est en étant bien à l’écoute de la troupe et en lien avec la chaîne de commandement que nous pouvons, comme padré, accomplir notre mission qui est de fournir un soutien pastoral et de veiller sur le moral des militaires et de leur famille. «La mission d’abord, les personnes toujours.» 

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