Le colonel Boivin s’ouvre sur sa philosophie de commandement

Larger image Le colonel Stéphane Boivin pendant l’exercice interarmées LARGE SCALE 17 en Californie.

Par Édouard Dufour, journal Adsum

Ayant pris le commandement du 5 e Groupe-brigade mécanisé du Canada (5 GBMC) au début de l’été, le colonel Stéphane Boivin souhaite rencontrer les membres de la brigade au cours des prochains jours. À l’approche de cette tournée, il s’exprime sur la philosophie de commandement qu’il désire implanter dans le cadre de ses nouvelles fonctions. 

Le Col Boivin s’inspire de la devise de la Brigade «Allons-y!» pour décrire ses intentions. «Les membres du 5 GBMC sont toujours prêts à accomplir leur mission, où qu’elle soit. Cette idée est non seulement là pour des raisons historiques et traditionnelles, mais aussi pour rassembler, rallier et unifier ses membres autour d’un point central.»

Plusieurs valeurs cimentent la vision idéale que le Col Boivin se fait d’une brigade. Parmi celles-ci figurent «l’intégrité, l’équilibre personnel, l’excellence, la résilience, la solidarité et le professionnalisme.»

Au cours des années à venir, le commandant souhaite que chaque militaire ait l’occasion de mettre l’épaule à la roue, afin d’assurer la réussite de tous. «Peu importe l’unité, le lieu où le travail qui est fait, le but est de bâtir une meilleure brigade par un effort collectif où chacun peut laisser sa marque et un héritage positif», précise-t-il.

Leadership

Le nouveau commandant du 5 GBMC souhaite que les membres occupant un poste de leader au sein des Forces «prescrivent la discipline, tout en favorisant le perfectionnement de leurs subordonnés, car ceux-ci seront les dirigeants de demain». Le respect est une autre pierre d’assise lui étant chère. «Il est primordial de traiter chacun avec la plus grande dignité et de ne jamais humilier ou rabaisser publiquement», déclare-t-il.

Le Col Boivin réitère l’importance de la discipline afin d’assurer la cohésion et la force du 5 GBMC, tout en favorisant la souplesse. «La flexibilité est l’une des qualités les plus importantes d’un membre des Forces. Les esprits étroits, fermés et inflexibles ne pourront être encouragés», enchaîne le commandant.

Opération HONNEUR

Le Col Boivin revient sur l’opération HONNEUR, lancée en août 2015, à la suite de la publication du rapport Deschamps traitant des inconduites sexuelles au sein de l’armée. «Il y a eu énormément de travail du point de vue décisionnel. Malheureusement, deux ans après le début de l’opération, on a encore des gens qui posent des gestes qui ont une incidence néfaste sur l’institution. L’accent doit être mis sur les victimes présumées qui doivent être prises en charge tout au long du processus, sans être stigmatisées», explique le Col Boivin.

Le commandant se montre catégorique quant aux inconduites à caractère sexuel dans les Forces armées canadiennes : «Je ne permettrai pas qu’il y ait des comportements sexuels dommageables et inappropriés au sein de mon organisation, et j’entends tenir tous les dirigeants de la brigade responsables des manquements qui permettent que de telles situations se reproduisent.»

Diversité

Le Col Stéphane Boivin rappelle l’importance de comprendre et d’accepter la diversité, au sens large, que l’on retrouve au Canada. Le respect de l’orientation sexuelle, de l’ethnie et du choix de culte de chacun figurent au centre de sa vision. «La population canadienne n’a pas augmenté à 36 millions de personnes du jour au lendemain. Elle s’est accrue en raison de l’immigration», relate-t-il.

«Ce qui me fascine le plus, c’est lorsque je demande à un caporal-chef son origine et qu’il m’informe être né dans un camp de réfugiés en Thaïlande et que son arrivée au Canada remonte à seulement dix ans de cela. Pour moi, c’est un exemple d’intégration parfaite et de résilience à toute épreuve», affirme le Col Boivin.


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