Pierre Daigle : la force d’avancer

Larger image Le lien unique unissant Hélène Anctil et son conjoint Pierre Daigle était palpable pendant la conférence qu’ils ont donné au Centre de la famille Valcartier.

Par Édouard Dufour, journal Adsum

Avant son accident, M. Daigle, par le biais de son entreprise Lessard Bicycles, générait un chiffre d’affaires annuel de plusieurs centaines de milliers de dollars et des dizaines d’emplois, tout en se positionnant comme chef de file de la vente de vélos à l’échelle nationale. «Je me suis réveillé après plusieurs mois à l’hôpital», raconte M. Daigle. Souffrant d’un traumatisme crânien sévère et d’innombrables fractures, M. Daigle s’était fait dire qu’il passerait probablement le restant de sa vie en fauteuil roulant. «Il a démenti tous les pronostics», mentionne sa conjointe, Hélène Anctil.

«Pierre travaillait 18 heures par jour. Personne ne pouvait prendre sa place et ç’a eu un impact sur nos commerces. Tous les employés étaient dépassés par la situation», poursuit Mme Anctil, devenue proche aidante de son partenaire de vie, à la suite de ce tragique accident. Au printemps 2014, le couple a finalement perdu ses trois magasins et la majorité de ses biens. «J’avais l’impression d’avoir passé rapidement de héros à zéro», explique Pierre Daigle.

Ne pas abandonner

Déterminé et comptant sur le soutien indéfectible de ses proches, l’homme ne s’est cependant jamais avoué vaincu. Il a entrepris un fastidieux processus de réadaptation. «C’est un défi extraordinaire d’apprendre à vivre avec ce handicap, mais j’ai décidé de faire une vie productive», confie M. Daigle. Ayant prononcé plus de 25 conférences jusqu’ici, il partage avec plaisir son histoire, ainsi que des conseils entrepreneuriaux. Ses réflexes d’entrepreneur sont d’ailleurs encore très aiguisés. «Il faut avoir un projet précis qui répond à un besoin précis et bien connaître les habitudes d’achat des gens», a conseillé M. Daigle à l’assistance présente au CFV de Valcartier. Il a aussi souligné l’importance de se munir d’une protection d’assurance salaire en cas d’invalidité et de percevoir l’achat de publicité comme un investissement qui peut rapporter gros.

«J’ai gagné un conjoint et un ami qui est pratiquement redevenu comme avant. On fait régulièrement des sorties en vélo, ce qu’on n’avait jamais fait auparavant», relate Mme Anctil.

«Des défis, il y en aura toujours. Avant de baisser les bras, il faut reprendre du début, refaire ses devoirs et se donner une seconde chance. Si vous aimez votre travail, vous n’aurez jamais l’impression de travailler. Il y a aussi une vie possible après une épreuve comme la mienne», conclut Pierre Daigle. Un bel exemple de résilience.

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