Géomatique : information d’importance capitale

Larger image Larry Moses (à gauche) et Alexis Usabuwera utilisent la géomatique comme un outil de simplification par excellence.

Par Édouard Dufour, journal Adsum

Assistés d’une technologie futuriste, ils peuvent dépeindre la réalité à l’aide des colonnes de chiffres défilant sur leur écran. Voici l’univers d’Alexis Usabuwera et de Larry Moses, deux experts en géomatique qui assurent, depuis 2007, la mise en place d’une capacité répondant aux besoins uniques des champs de tir et secteurs d’entraînement (CTSE) et des différents professionnels de la 2e Division du Canada (2 Div CA).

«La géomatique fait sauver du temps, des efforts, de l’argent, tout en facilitant la prise de décision des gestionnaires et des professionnels», témoigne Larry Moses. Les technologues en géomatique transforment des données théoriques pour en faire une représentation visuelle. Celle-ci peut prendre la forme de cartes et de matrices informatisées.

La géomatique marque la réalité des terrains dans un contexte tridimensionnel (3D). En prenant en compte les besoins et les contraintes des clients, elle peut proposer des analyses de faisabilité et d’emplacement pour différents projets de développement, tout en respectant des contraintes environnementales, opérationnelles et légales. «Le respect de la faune et de la flore, la prise en considération des gabarits de tir des véhicules de l’armée et du ricochet de certains tirs, la contamination de terrains, le relief, les cours d’eau, ainsi que l’emplacement de bâtiments existants» sont des contraintes analysées avec soin par les experts en géomatique. Au final, la qualité de leur travail est garante de la sécurité des militaires fréquentant les champs de tir et les secteurs d’entraînement. 

Technologie de pointe

Le service de géomatique des CTSE a recours à différentes technologies aéroportées telles qu’une caméra multispectrale, des capteurs infrarouge et électromagnétique, ainsi que la technologie LiDAR. Celle-ci projette un faisceau lumineux au sol. Grâce à la réflexion de ce sillage lumineux, une distance entre le sol et l’avion peut être déterminée par des milliers de points. Une matrice de terrain extrêmement précise, en 3D, peut alors voir le jour par ordinateur. La hauteur des bâtiments, des arbres et des fils électriques peut aussi être prise en considération grâce à cette technologie implantée par le service de géomatique, dès 2009, à la Base Valcartier.

Depuis maintenant une dizaine d’années, les experts de la géomatique disposent aussi de leur propre station permanente GPS. Elle capte les signaux satellites, de jour comme nuit. «On utilise cette technologie pour aller sur le terrain et collecter des positions d’une précision millimétrique.  Ces données géomatiques sont ensuite regroupées sur un serveur Oracle spatial au service des professionnels de la 2Div CA», relate Alexis Usabuwera. 

Potentiel de développement

Deux cents vingt kilomètres carrés c’est beaucoup, mais pas énorme pour l’entraînement de plus de 5000 militaires», explique Larry Moses, concernant le secteur des champs de tir de la Base Valcartier. Des zones y sont actuellement restreintes en raison de la présence des résidus d’obus et de munitions. Les deux spécialistes en géomatique utilisentdes données et des rapports historiques  remontant jusqu’en 1918, afin de mieux délimiter ces zones et d’offrir des cartes de gestion pour les travaux de  nettoyage à venir. Ceux-ci pourraient accroître la superficie  d’entraînement disponible. Les technologues en géomatique indiquent que les coûts et la faisabilité d’une telle opération pourront «sensiblement varier» selon les diverses contraintes géospatiales telles que la topographie et la végétation du terrain.

Selon MM. Moses et Usabuwera, la science géomatique n’a de limites que celles du «cloisonnement de l’information» et de la «réticence des gens au changement». Plus les technologues en géomatique disposeront d’informations de la part de professionnels d’horizons variés, plus les résultats obtenus et la précision de ceux-ci permettront de propulser à «une étape supérieure» la vulgarisation de la réalité spatio-temporelle.

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