Une structure essentielle pour contenir une puissance mortelle

Larger image C’est en toute sécurité, protégés par les fenêtres blindées du nouveau bunker, que les observateurs ont assisté aux explosions.

Par Édouard Dufour, journal Adsum

Quarante personnes, venues assister aux premières déflagrations du nouveau champ de tir Chilliwack, observaient un silence complet, quelques secondes avant l’explosion initiale. Un grondement sourd s’est ensuite fait ressentir. Épais morceaux de ciment, poutres de bois et solides structures d’acier ont alors été pulvérisés par des charges C4, générant au passage des geysers de poussière dans le ciel et de larges cratères au sol. Ce premier test réalisé le 19 janvier, à la Base Valcartier, est concluant!

 «La construction de ce champ de tir répond en tout point à la stratégie sur les champs de tir et secteur d’entraînement émise en 2015. Elle permet à la Base Valcartier d’appuyer la vision de l’armée de terre et de développer son mandat de niveau 5», indique le capitaine Bruno Talbot, officier de développement et des Opérations des Champs de tir et secteurs d’entraînement (CTSE). Les bases militaires à travers le pays sont classifiées selon une échelle de 1 à 7, en fonction des infrastructures et des équipements dont elles disposent.

Le Capt Talbot ajoute que ce projet, un investissement «avoisinant les 3.6 millions» de dollars, permettra de «grandement simplifier» la coordination des champs de tir. Le champ de tir Trois-Rivières, toujours sur la Base Valcartier, est lui aussi utilisé pour ce type d’explosions. Elles servent à perfectionner les techniques des ingénieurs de combat et des techniciens en explosifs du 5e Régiment du génie de combat (5 RGC) et des ingénieurs des 34e et 35e Groupes-brigades du Canada. Le Capt Talbot précise que ce champ de tir est situé dans le gabarit de tir de plusieurs autres champs.

Occupant un terrain en retrait de cette zone, le champ de tir Chilliwack permet de diminuer les contraintes relatives à la coordination des activités. Sa conception et son emplacement prennent en compte «l’onde de choc sismique produite», ainsi que «les inconvénients acoustiques», atténués en grande partie par la forêt environnante. Le bunker d’observation est muni de fenêtres blindées de double épaisseur pouvant résister à «un souffle d’obus de 155 millimètres». «Nous disposons aussi de cinq haut-parleurs pouvant projeter des avertissements d’explosions à une distance de près d’un kilomètre», affirme le Capt Talbot. Selon cet officier, la sécurité des utilisateurs repose principalement sur «le professionnalisme des ingénieurs» posant les charges, ainsi que sur le protocole de sécurité. En effet, les véhicules légers ne sont pas autorisés lors des tests, et une ambulance est toujours prête à intervenir.

100 % vert

«La construction est solide et durable. Les infrastructures de ce champ de tir ont une durée de vie minimale de 25 ans!», confirme le Capt Talbot. Le militaire explique qu’une membrane protectrice est dissimulée sous terre. Les résidus de RDX, une substance résiduelle polluante produite par l'explosion de charges C4, pourront donc être entièrement récupérés grâce à la présence de cette membrane. Au terme de la vie active du champ de tir, des pelles mécanisées pourront retirer tous les résidus.

Les récents tests ont été effectués en présence des ingénieurs ayant collaboré à ce projet. «Nous trouvions important qu’ils puissent constater sur le terrain l’utilité des infrastructures qu’ils ont conçues», conclut le Capt Talbot. L’inauguration officielle du champ de tir devrait avoir lieu au cours de l’été 2018.

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