Seule au Front : La première femme officier d’infanterie se raconte

Larger image Sandra Perron, fille d’un père pompier militaire, a réalisé un rêve d’enfant en se joignant aux FAC. Elle signe maintenant sa première publication.

Par Édouard Dufour, journal Adsum

C’est à la Citadelle de Québec que le capitaine à la retraite Sandra Perron, première femme officier de l’infanterie canadienne, a choisi de lancer son autobiographie «Seule au front» le 22 février. Voici une incursion dans l’univers d’une femme d’exception ayant tracé son propre chemin, et ce, contre vents et marées.

L’ancienne militaire été chaleureusement accueillie par sa famille régimentaire du Royal 22e Régiment (R22eR). Plus de 200 personnes assistaient au lancement de l’édition francophone du livre du Capt. «C’est extraordinaire que mon régiment soit l’hôte de cette activité! Il s’agit d’un message clair indiquant que lorsqu’on joint un régiment, on joint aussi une famille qui se tient», explique Sandra Perron.

Cette militaire a fait une incursion remarquée dans un monde qui était alors exclusif à la gent masculine. En voie de devenir officier d’infanterie, le Capt (ret.) Perron a alors fait face à la résistance au changement, aux persécutions verbales et aux abus physiques de la part de certains collègues. Malgré les embûches, elle a toujours fait preuve de résiliences et continue de soutenir les valeurs des Forces armées canadiennes (FAC). «J’ai toujours gardé un sentiment de fierté par rapport à ma carrière, à ses défis et à mes réussites. Les militaires, qu’ils soient des hommes ou des femmes, auront toujours mon admiration et ma loyauté», explique l’auteure.

Celle-ci ajoute que les femmes dans les FAC contribuent à l’efficacité opérationnelle. «Il est important qu’elles puissent occuper tous les grades et participer à chacune des missions», mentionne Mme Perron. L’ex-militaire se rappelle son expérience de déploiement enrichissante en Croatie, en compagnie de «42 collègues extraordinaires» membres de son peloton antichar, au cours de situations «très tendues». Elle affirme candidement que ce genre d’expérience au front «permet de mettre les choses en perspective» et «de prendre conscience de toutes les libertés dont jouissent les Canadiens et Canadiennes». «Ce genre d’expérience met en valeur notre loyauté envers notre pays et nos soldats. On voit les difficultés émotionnelles, personnelles et physiques qu’ils doivent traverser en déploiement», précise-t-elle, concernant ces thématiques abordées dans son livre.

Travail à faire

«L’ennemi est engagé, mais il n’est pas encore vaincu», affirme l’auteure au sujet de l’intégration des femmes dans l’armée. Concernant l’opération HONNEUR visant à éliminer les comportements sexuels néfastes au sein des FAC, l’écrivaine affirme que cette mesure «permet aux gens un atterrissage en douceur», lorsqu’ils ont vécu des moments difficiles. «Il va maintenant falloir agir en amont pour éviter que ces agissements ne surviennent. Il faut garder le cap et poursuivre les efforts dans ce sens», précise Mme Perron. «L’objectif était de raconter mon histoire pour que les FAC, mon régiment et moi-même puissions grandir à travers ce livre», conclut avec le sourire Mme Perron.

Reconnaissance

«Les femmes prennent de plus en plus la place qui leur revient dans notre société actuelle. C’est tout aussi vrai au sein des FAC (…)», a déclaré le lieutenant-général à la retraite Richard Evraire. «Grâce à son courage et son incroyable détermination, Sandra Perron a tracé la voie pour plusieurs femmes dans l’armée. Depuis son passage, 70 femmes ont joint le R22eR, 15 comme officières», s’est-il réjoui.

L’autobiographie de Sandra Perron a d’abord été publiée en anglais, sa langue maternelle. La version française, «Seule au front», est maintenant disponible en librairie.

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