Technicien en recherche et sauvetage : de l’action à la tonne

Larger image Quand chaque seconde compte, les techniciens en recherche et sauvetage se doivent d’agir avec sang-froid et efficacité.

Par Édouard Dufour, Journal Adsum

Le sergent Alexandre Demers a fait ses débuts comme fantassin au sein du 2e Bataillon, Royal 22e Régiment. Il a ensuite servi son pays en Afghanistan, en tant que membre du groupement tactique du 3e Bataillon, Royal 22e Régiment. Moins de deux ans plus tard, il s’engageait dans le chemin très exigeant mais tout aussi gratifiant qu’est celui menant au métier de technicien en recherche et sauvetage. Voici le parcours d’un militaire bravant ciel, terre et mer afin de sauver des vies.

Le Sgt Demers a amorcé une préparation physique intensive en 2009. Son objectif : réussir l’épreuve de sélection préalable au cours de technicien en recherche et sauvetage des Forces armées canadiennes (FAC). Il a alors aussi peaufiné sa maîtrise de l’anglais à l’approche de cette sélection de deux semaines se déroulant à Edmonton et Jasper, en Alberta. «Dès la première semaine, les capacités de chacun sont poussées à leur limite. La sélection est presque 24 h sur 24, tandis que la motivation, la condition physique et la réaction au stress et à la fatigue des participants sont testées», indique le Sgt Demers.

Survie en forêt, navigation en lieu inconnu, techniques de préservation de l’équipement, usage efficace d’un couteau de survie et construction d’un abri temporaire ne sont que quelques exemples de tâches à exécuter dans le cadre de cette formation. «Les instructeurs observent et départagent ceux qui s’isolent de ceux qui sont capables de travailler en équipe», explique le Sgt Demers, au sujet de cette dimension incontournable de son travail. Au final, quelques candidats parmi la quarantaine sélectionnée au début complètent avec succès cette première étape.

Exploration du territoire

C’est sur l’île de Vancouver, plus précisément à l’École de survie des Forces canadienne (ESFC), sise à la 19e Escadre Comox, que le Sgt Demers a ensuite obtenu l’autorisation de débuter une année complète d’apprentissage comportant une série d’entraînements à travers le Canada. Dans le cadre de ses formations, il a visité le hameau isolé de Resolute Bay, situé sur l'île Cornwallis au Nunavut. «En hiver, il y fait noir comme la nuit presque toute la journée. Il y a de grands vents et les températures sont très froides. Il n’y a pas d’arbres et donc pas de bois pour faire un feu. Nous y avons appris à construire un abri de neige, une grotte et un igloo», précise le Sgt Demers. Il ajoute que des chasseurs autochtones d’expérience, «capables de résister à des températures de -50 degrés Celsius sans devoir se couvrir la tête», ont assuré la supervision de la construction de ces structures de neige.

Le Sgt Demers et ses collègues ont aussi aiguisé leurs compétences de sauvetage en s’exerçant à l’extraction de blessés par l’usage d’un système de poulies, sur les sommets escarpés des Rocheuses. C’est également dans les hauteurs enneigées du Parc national de Banff, dans les environs du célèbre lac Louise, qu’ils ont appris à détecter les signes annonciateurs d’une avalanche, les crevasses dangereuses et la gestion de blizzard. Le Sgt Demers et ses camarades étaient alors tous attachés les uns aux autres, au cas où l’un d’eux chuterait dans une cavité obscure.

 Les candidats au poste de technicien en recherche et sauvetage ont finalement visité les fonds marins, lors d’un passage à Victoria. Des plongeurs de la Marine royale canadienne leur ont alors enseigné comment rescaper des personnes prisonnières d’un navire ayant chaviré.

Test final

C’est au terme de cette année d’apprentissage «intense et très intéressante», s’étant déroulée aux quatre coins du Canada, qu’Alexandre Demers a amorcé l’étape finale de sa formation. Celle-ci incluait une série de simulations impliquant, notamment, «la recherche en forêt de victimes d’un écrasement d’avion souffrant de blessures multiples». Équipés d’une boussole, d’une carabine et d’une scie mécanique, les candidats devaient alors stabiliser les blessés et coordonner leur évacuation d’urgence par les airs. La puissance brute d’un avion Hercule et d’hélicoptères Cormorant et Buffalo a alors été requise.

En action

Sa formation réussie, le Sgt Demers a été affecté jusqu’en juillet 2017 à Comox sur l’île de Vancouver, avant d’être muté à la base de Bagotville au sein du 439e Escadron de soutien au combat, où il assure actuellement un rôle d’assistance aux pilotes de CF-18 y travaillant. Questionné quant à la gestion des risques reliés à son métier, le Sgt Demers explique que les techniciens en recherche et sauvetage travaillent toujours en équipe de deux et que cela leur permet d’avoir «une vision d’ensemble d’une situation donnée», ainsi qu’une «bonne compréhension des dangers» pouvant s’y rattacher. «Il faut constamment prendre des précautions pour espérer avoir une longue carrière. L’état des machines que nous utilisons est souvent vérifié et nous pratiquons des milliers de fois nos manœuvres», soutient-il.

Au-delà des risques, c’est «le désir de faire une différence» et «la reconnaissance des gens secourus alors que leur vie était menacée» qui motivent le Sgt Alexandre Demers.

Une carrière de technicien en recherche et sauvetage vous intéresse? Le sergent Alexandre Demers sera à la Base Valcartier le 23 mai pour répondre à vos questions. Rendez-vous au bâtiment 85 (Musique du R22eR) de 13 h 30 à 15 h 30. La séance d’information est ouverte à tous.

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