Délégation canadienne à Lourdes : une expérience unique

Larger image Des militaires de la Base Valcartier, dont le capitaine Véronique Jacques (première à gauche) et le caporal Marylène Bouchard (troisième à partir de la gauche), photographiés devant la basilique Notre-Dame-du-Rosaire de Lourdes.

Par Édouard Dufour, Journal Adsum

Pas moins de 90 militaires du Canada, accompagnés de padrés, ont pris part au Pèlerinage militaire international, au Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, en France, du 18 au 20 mai. Ce rassemblement accueillait une quarantaine de nations et visait à faire vivre une période de ressourcement spirituel à des militaires ayant à surmonter de grands défis personnels.

Le capitaine Véronique Jacques et le caporal Marylène Bouchard faisaient toutes deux partie de la délégation canadienne à Lourdes. Ce voyage a permis au Cpl Bouchard de cheminer vers un état «de calme et de paix» après une période très éprouvante. En effet, à l’automne 2015, sa nièce, Audrey Carey, était assassinée lors d’un voyage à San Francisco, en Californie. L’entraide, la solidarité et l’absence de préjugés et de barrières ont régné entre les participants au pèlerinage, soutient Marylène Bouchard.

Le padré Jean-Guy Morin accompagnait les six militaires de la Base Valcartier qui ont été sélectionnés pour se rendre à Lourdes. Son rôle était d’assurer une écoute et une présence rassurante pour ces militaires qui vivent avec des blessures physiques ou morales. Le Maj Morin explique que les participants ont pu se purifier et prier, en s’immergeant dans une source d’eau ancestrale de Lourdes, réputée pour «ses bienfaits moraux». Un chemin de croix en montagne et plusieurs messes étaient prévues afin de favoriser le cheminement spirituel des participants. Selon le padré Morin, ces «moments de prière, d’introspection et de recueillement» peuvent orienter la recherche spirituelle de plusieurs.

Le Capt Jacques et le Cpl Bouchard qualifient «d’expérience unique» leur séjour. Elles gardent de bons souvenirs des activités de cohésion avec les délégations des autres pays et des compétitions sportives amicales, telles le défi des blessés-valides. Se déroulant dans la prairie du sanctuaire, le défi propose une série d’épreuves physiques. Les sportifs doivent, entre autres, pousser une trottinette dans laquelle siège une personne handicapée. Ce concept inclusif permet de changer le regard des gens sur les handicaps en permettant à tous, y compris aux blessés, de remporter des points et de participer à la victoire.

Les deux femmes militaires ont aussi beaucoup apprécié la marche au flambeau jusqu’à la basilique Notre-Dame-du-Rosaire. Des milliers de militaires y participaient, chandelle à la main, sous les applaudissements de la population civile. «J’avais des frissons!», affirme le Cpl Bouchard au sujet de ce moment d’unisson et de fraternité. Cohabitant avec les militaires croates et ceux provenant de la Côte d’Ivoire, les membres de la délégation canadienne ont pu tisser des liens avec ces camarades venant d’ailleurs.

Promouvoir la paix entre nations

Le Pèlerinage militaire international tire son origine d’une visite effectuée en 1945 par des soldats européens ayant survécu à la guerre. Ils se rendirent à Lourdes pour rendre grâce et implorer paix dans une perspective de réconciliation franco-allemande. En 1958, l’activité a accueilli d’autres pays soucieux de promouvoir la paix. Dès lors, ce pèlerinage a œuvré au renforcement de la fraternité des peuples, à l’élargissement de la prière pour la paix, à la densification de la spiritualité des armées et à l’accompagnement fraternel des blessés.

Selon Wikipedia, le sanctuaire de Lourdes constitue «le plus grand centre de pèlerinage catholique français depuis que Bernadette Soubirous a vu une dame déclarant être l'Immaculée Conception». Lourdes est une ville située au pied des Pyrénées au sud-ouest de la France.

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