Tournage à Valcartier d’un documentaire sur le puissant cheval Canadien

Larger image Richard Blackburn a enfilé un uniforme d’époque afin de personnifier un militaire de la Base Valcartier chevauchant sa monture en 1914.

Par Édouard Dufour, Journal Adsum

Plusieurs auront remarqué la présence d’une petite équipe de tournage avec des chevaux à la Base Valcartier, près des secteurs d’entraînement, vers la fin de juillet. Ces visiteurs amorçaient le tournage d’un documentaire long-métrage qui retracera la vaste contribution militaire du cheval Canadien au cours de la Première Guerre mondiale.

Richard Blackburn est producteur de longs-métrages, professeur en littérature anglaise, doctorant en éducation et passionné par l’élevage de chevaux. C’est avec un plaisir non dissimulé qu’il a participé à quelques jours de tournage à la Base Valcartier, en compagnie de ses collègues et de ses deux puissants destriers. «Mes recherches tendent à prouver que le cheval Canadien est la première race de cheval en Amérique du Nord», explique M. Blackburn. «Nous essayons de faire connaître l’histoire de ce cheval pour sensibiliser les gens. Il n’en reste que 2500 dans le monde», déplore-t-il.

En 2009, le producteur a fait le voyage du Québec jusqu’au Texas à dos de cheval, dans le cadre du tournage d’un autre documentaire. Il affirme que le cheval Canadien est une bête «exceptionnellement robuste et travaillante» en les comparant d’ailleurs à «un petit tank».

«Il n’y avait pas de chevaux avant l’arrivée des Européens. Le roi Louis XIV voulait encourager la colonisation de la Nouvelle-France en offrant ces chevaux. C’était très bien vu d’avoir un cheval et seuls les nobles pouvaient s’en procurer en France», soutient M. Blackburn.

Le 16 juillet 1665, une dizaine de juments et deux étalons envoyés par le roi de France ont débarqué d’un navire à Québec. En six ans, environ 82 chevaux mirent ainsi les «pattes» en Nouvelle-France. En raison de la situation géographique de la colonie, le troupeau s’est développé en vase clos. Pendant une décennie, le cheval Canadien a aidé à défricher un vaste territoire. Il a contribué au développement économique du pays, tout en accompagnant les colons dans leur quotidien. M. Blackburn explique que c’est entre autres en affrontant avec succès «les hivers rigoureux du Québec» que cette monture s’est forgée «une solide réputation».

Des milliers de chevaux à Valcartier

La réalisatrice Louise Leroux explique que le passage de son équipe à la Base Valcartier s’avère «la première étape d’un tournage de six mois». La Base accueillait autrefois des milliers de chevaux Canadiens qui, pendant la Première Guerre mondiale,  ont pris le chemin de l’Angleterre à partir du port de Québec. Ils ont ensuite été envoyés en France où se déroulaient les combats. L’équipe de tournage se déplacera dans ces lieux historiques au cours des prochains mois.

C’est avec des chevaux, la reconstitution d’un camp d’autrefois et des habits d’époque que l’équipe de tournage a remonté le temps à la Base Valcartier cet été. «Un premier contingent de 8000 chevaux est parti de Valcartier. Nous commençons le film avec la reconstitution de cette scène», détaille Mme Leroux.

«Lors de la Première Guerre, ce fut la dernière fois où les chevaux furent beaucoup utilisés. Le cheval Canadien s’y est montré très polyvalent. La légende concernant son utilisation est qu’il pouvait travailler plus fort que le gros cheval Belge, malgré sa taille modeste. (…) Au fil des années, il est resté proche des humains. Il a donc atteint un niveau de domestication et de complicité très élevé. C’est un cheval qui donne beaucoup. Il est vif et sait rester calme», relate Richard Blackburn au sujet de l’efficacité en temps de guerre du cheval Canadien. En France, l’équipe de tournage se concentrera sur l’offensive des 100 jours dans laquelle les Canadiens et leurs chevaux ont joué un rôle clef pour la reprise de l’Europe aux Allemands.

Un tel projet nécessite un travail colossal de recherche. La réalisatrice Louise Leroux précise en souriant que la version finale du film, telle un iceberg, ne présentera que «10 % des recherches» effectuées.

Les droits de diffusion au petit écran du documentaire réalisé par Mm Leroux et produit par M. Blackburn appartiennent à la chaîne Canal D. Selon la réalisatrice, un distributeur devrait assurer la diffusion du projet sur grand écran, et ce, au printemps 2019.Le cheval Canadien a réussi à traverser le temps. Il a été reconnu comme l’une des trois races animalières du «Patrimoine agricole» du Québec en 1999 et comme race «nationale» en 2002.

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