Valcartier accueille une compétition militaire internationale de réservistes

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Par Édouard Dufour, Journal Adsum

Près de 150 membres de la Réserve, représentant 11 pays de l’OTAN incluant le Canada, étaient à la Base Valcartier du 6 au 9 août. Les équipes ont comparé leurs compétences militaires en s’affrontant dans plusieurs épreuves compétitives.

La compétition militaire faisait partie des activités du congrès de la Confédération interalliée des officiers de réserve et de la Confédération des officiers médicaux de réserve (CIOR/CIOMR) qui se tenait à Québec du 3 au 10 août. Le Canada était l’hôte de cet événement annuel pour la première fois depuis 28 ans.

À Valcartier, plusieurs épreuves attendaient les réservistes : tir à la carabine, lancer d’une grenade factice, course d’orientation et deux courses à obstacles, l’une terrestre et l’autre nautique.

Depuis près d’un an, Simon Gasse, gestionnaire du Conditionnement physique et des sports des Programmes de soutien du personnel (PSP), a participé à l’organisation de cette compétition qui teste le leadership et les aptitudes physiques des réservistes. «Nous avons préparé les différents secteurs d’entraînement, les horaires et l’accueil des réservistes sur la Base», explique M. Gasse.

Après sept ans d’absence, le Canada faisait un retour au sein de la compétition en présentant plusieurs équipes. «Au Canada, nous avons décidé d’unir les réservistes d’un océan à l’autre avec un camp d’entraînement national de cinq semaines qui s’est tenu principalement à la Base Valcartier», mentionne Simon Gasse. «Selon leurs forces respectives, les réservistes ont été jumelés en équipes de trois.» La préparation des autres équipes varie selon la conception que chaque pays se fait du travail des réservistes, selon M. Gasse. Ce dernier est officier au sein de la Force de réserve, en plus d’occuper un emploi civil au sein des PSP. Il a lui-même participé à cette compétition internationale à quelques reprises dans le passé.

Une épreuve de taille

Les défis physiques ont été nombreux au cours de la compétition. «Le but est d’entraîner un soldat à franchir des obstacles qu’il pourrait rencontrer en terrain opérationnel», explique Simon Gasse. «En équipe de trois, les participants doivent franchir une piste de 500 mètres comportant 20 obstacles tels qu’une échelle, un mur, une barrière, une poutre d’équilibre, un tunnel et des passages étroits où il faut ramper», poursuit-il. «C’est un effort intense qui exige environ trois minutes d’aérobie maximale aux meilleures équipes», précise-t-il.

Les participants pouvaient s’aider tout au long de l’épreuve, mais c’est le résultat du plus lent participant qui était pris en considération pour déterminer le classement de chaque équipe. La piste à obstacles de la Base Valcartier est également utilisée afin d’assurer la préparation des unités spéciales de corps policiers.

La compétition proposait aussi une piste à obstacles aquatique d’une distance de 50 mètres comportant quatre obstacles. Par mesure de sécurité, des techniciens médicaux des 5e et 55e Ambulances de campagne étaient sur place.

Les participants étaient divisés non pas par catégorie d’âge, mais par nombre d’années d’expérience en compétition. Il y avait donc la catégorie novice (un an d’expérience), la catégorie expérimentée (deux à quatre ans d’expérience) et la catégorie vétéran (plus de quatre ans d'expérience).

Fait digne de mention, chaque pays était autorisé à inscrire des participants substituts. Ces remplaçants ne se sont pas contentés d’attendre sur le banc de touche. Ils ont été rassemblés pour former des équipes internationales combinant des talents provenant de différents pays. Cette particularité représente bien l’esprit de collaboration internationale propre à cette compétition. Une catégorie féminine était aussi au programme.

Performances remarquables

L’équipe féminine du Canada a livré une performance impressionnante dans les épreuves de courses à obstacles terrestre et aquatique. Au pointage cumulatif de ces deux courses exigeantes, le trio a atteint la plus haute marche du podium chez les femmes. L’équipe était formée du matelot-chef Marie-Pierre Bélisle (NCSM Montcalm), de l’enseigne de vaisseau de 1re classe Marie-Hélène Dion (Quartier général de la Réserve navale) et du caporal Marianne Colard (Centre d’instruction de la 2e Division du Canada).

Les Canadiennes ont ainsi devancé trois équipes de la Grande-Bretagne, ainsi que celles de la France et des États-Unis. Au classement féminin cumulatif, elles ont terminé au troisième rang.

Le major Martin Lamontagne (Fusiliers de Sherbrooke), le lieutenant Philippe Joly, (service des Opérations) et le soldat Jimmy Villeneuve (Régiment du Saguenay) défendaient les couleurs du Canada dans la catégorie vétérans. Cette équipe de choc a très bien fait en décrochant le quatrième rang sur 40 équipes au défi d’orientation. Plus encore, l’équipe des vétérans a terminé au sixième rang sur 40 au classement cumulatif des courses à obstacles terrestre et aquatique.

L’équipe masculine canadienne dans la catégorie novice était composée du bombardier-chef Ricardo Martineau (62e Régiment d’artillerie de campagne), et des caporaux Maxime Boulé et Philippe Naud (Voltigeurs de Québec). Ces réservistes avaient décidément le compas dans l’œil, puisque leur performance aux épreuves de tir leur a valu le sixième rang sur 40.

Individuellement, le Bdrc Ricardo Martineau a visé et atteint rien de moins que la perfection en terminant au premier rang sur 120 compétiteurs aux épreuves de tir. Il a même devancé par une marge confortable de 95 points son plus proche compétiteur, le français Olivier Rey.

Réservistes au Canada

À l’échelle du pays, les Forces armées canadiennes (FAC) comptent plus de 27 000 soldats, marins et aviateurs de la Réserve qui contribuent à la défense et à la sécurité du Canada, tout en demeurant une force dynamique et positive dans leurs collectivités. La Première réserve du Canada a fait ses preuves dans le cadre d’opérations récentes. En Afghanistan, les membres de la Première réserve représentaient jusqu’à 25 % du personnel déployé et jusqu’à 5 % des deux premières rotations en Irak. Au fil du temps, les réservistes se sont révélés essentiels au maintien du rythme opérationnel des FAC.

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