Journée portes ouvertes de la Base Valcartier : le public répond PRÉSENT!

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Par Édouard Dufour, Journal Adsum

La journée portes ouvertes de la Base Valcartier s’est tenue comme prévue le samedi 18 août, le beau temps étant au rendez-vous. Plus de 7000 visiteurs ont répondu présents. L’événement démontre d’année en année que l’univers militaire exerce toujours un pouvoir d’attraction auprès du grand public.

En plus d’une douzaine de kiosques mis en place par les unités du 5eGroupe-brigade mécanisé du Canada (5 GBMC), les visiteurs avaient accès à une piste à obstacles jeunesse offerte par le Service des loisirs communautaires, ainsi qu’à une zone familiale et une autre d’expérience militaire. De nombreuses démonstrations militaires, comme la construction d’un pont et la simulation d’une attaque de section, ont aussi contribué au succès de cette journée. Les sauts de parachute, toujours très populaires, étaient au programme de l’événement annuel, mais ont été encore plus spectaculaires cette année puisque les parachutistes ont atterri sur le terrain de parade.

Autre nouveauté, l’installation historique soulignant les 50 ans du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada, organisateur de l’événement, qui a retenu l’attention des visiteurs.

La journée portes ouvertes est une occasion en or pour les militaires de faire connaître leur travail à la population. Le soldat Marc-André Raymond, technicien médical au sein de la 5e Ambulance de campagne (5 Amb C), en témoigne : «C’est plaisant de pouvoir parler de notre métier. Les gens connaissent souvent plus l’infanterie et les métiers de combat.»

Les techniciens médicaux transportent leur trousse médicale dans un sac à dos compartimenté, conçu spécialement pour leur travail, qu’ils appellent «med bag». Il en existe deux types, comme nous l’explique le Sdt Raymond : «Nous apportons le premier lors des transports en ambulance, alors que le deuxième est beaucoup plus compact et adapté à des marches de plusieurs jours sur le terrain», relate-t-il.

Les visiteurs du kiosque qu’il animait ont donc pu découvrir l’inventaire impressionnant de ces trousses, un arsenal qui permet aux techniciens médicaux de sauver des vies : bandages pour arrêter les gros saignements, instrument pour dégager les voies respiratoires, cordon intraveineux, médicaments variés… «Une journée comme celle-ci est vraiment importante pour faire comprendre aux gens notre rôle. Plusieurs ont aussi beaucoup de questions. Ils veulent en connaître davantage concernant le processus pour devenir technicien médical», ajoute le Sdt Raymond.

Avant d’entreprendre son cours de métier à la base de Gagetown, Marc-André Raymond était ambulancier dans le civil. Il peut maintenant comparer ces deux expériences. «On nous autorise à prodiguer plus de soins dans les Forces armées canadiennes, comme des intraveineuses et des décompressions thoraciques. Il y a plus d’action dans le système militaire et j’aime pouvoir suivre les troupes dans le clos!», conclut-il avec le sourire.

Le caporal et le robot

Cette même journée, l’Adsum s’est entretenu avec un caporal du 5e Régiment du génie de combat (5 RGC). Il était aux portes ouvertes pour présenter la technologie utilisée par les militaires spécialisés dans le désamorçage d’engins explosifs improvisés (EEI) en zone de guerre. Pour des raisons de sécurité, l’identité de cet homme ne peut pas être dévoilée. Le Cpl était accompagné de THÉODORE, un robot d’origine allemande initialement utilisé pour effectuer des manœuvres délicates dans les usines nucléaires. Pesant 360 kilogrammes et comptant sur cinq caméras puissantes, ce robot est muni d’une pince ultra-précise. Le Cpl confirme qu’il peut «à la fois récupérer un œuf sans le casser et soulever une charge de 45 kg». Le militaire ajoute que ce robot était utilisé quotidiennement lorsqu’il a été déployé en sol afghan, en 2010.

Le maniement de cette machine, se mouvant sur des chenilles, requiert une formation de deux mois à Gagetown. N’étant pas blindé, le THÉODORE doit être transporté à bord d’un véhicule de type COUGAR. «C’est le meilleur véhicule blindé que l’on possède. Il est surélevé pour résister aux explosions et aux mines», affirme notre interlocuteur.

«Il est crucial de désamorcer les bombes sans les faire détonner, afin d’éviter de perdre les preuves importantes qui pourraient nous permettre de remonter jusqu’aux personnes qui les confectionnent», révèle le Cpl. «Nous amorçons une enquête pour chaque EII trouvé et nous travaillons de pair avec une équipe d’analystes militaires (DTAL) qui travaillent en laboratoire. Ils peuvent reconstituer une bombe et récupérer des empreintes digitales sur ses fragments», précise-t-il.

Dans la peau d’un soldat

Près d’une cinquantaine de militaires, sous la direction de l’adjudant Brian Keene (compagnie C du 1erBataillon, Royal 22e Régiment), se sont mobilisés afin d’offrir une simulation en temps réel à des groupes de visiteurs. «On a proposé aux gens de vivre, en groupe de six, une attaque de section à partir d’un véhicule blindé léger mécanisé (VBL)», détaille l’Adj Keene.

Les participants entraient d’abord dans une première zone où on les munissait d’un casque, de lunettes et d’une veste tactique. Ils prenaient ensuite des armes et obtenaient l’instruction de base pour les manier. Après avoir tous pris place à bord d’un VBL, ils étaient emmenés jusqu’à un champ de tir. Une fois rendus, les membres de la section devaient engager des cibles mécanisées avec des balles à blanc. Un opérateur se chargeait d’abaisser les cibles.

«Nous avons amorcé la planification et les demandes d’équipement au mois de juin. On a commencé à préparer le montage du site deux jours avant la journée portes ouvertes. Ça s’est fait super bien avec le personnel qu’on avait. On veut tenir compte des leçons apprises et améliorer chaque année la fluidité de l’activité!», poursuit-il. «Ce genre d’activité est toujours intéressant. Les gars sont motivés, le moral est haut et tout le monde est de bonne humeur!»

@int:50 ans de savoir-faire militaire

@txt:En hommage au 50e anniversaire du 5 GBMC, une zone historique présentait des véhicules, des illustrations et divers artefacts. Les visiteurs de l’exposition ont ainsi pu découvrir l’impressionnant «portefolio» d’opérations et de missions de la Brigade. L’implication du 5 GBMC dans plusieurs moments marquants de l’histoire québécoise et canadienne des 50 dernières années était habilement soulignée, que ce soit ici au pays (Jeux olympiques de Montréal, déluge du Saguenay, crise du verglas…) ou à l’étranger (Chypre, ex-Yougoslavie, Haïti, Afghanistan…).

«L’édition 2018 de la Journée portes ouvertes constituait l’activité clé du 50e anniversaire de fondation de notre organisation. Il s’agissait d’une occasion pour les troupes de la 5e Brigade de partager leur expérience et leur expertise avec les visiteurs», a affirmé le colonel Stéphane Boivin, commandant du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada, au terme de l’événement. «L’ajout de la zone historique, où étaient exposés véhicules et équipement de l’époque 1968-2018, semble avoir été une addition fort prisée par les visiteurs. Les commentaires entendus sur le site en sont la preuve», a-t-il conclu.

Des uniformes d’époque et d’anciens véhicules étaient exposés. On a pu y découvrir par exemple le style unique du blindé Universal Carrier, communément appelé le «Bren Carrier», en raison de la mitrailleuse Bren fixée à la plupart des modèles. Les Canadiens ont utilisé ce véhicule, conçu par le Royaume-Uni et fabriqué au Canada, lors de la Deuxième Guerre mondiale.

Participants comblés

Les participants rencontrés par le journal à la Journée portes ouvertes n’avaient que de bons mots pour qualifier leur expérience. «C’est une belle activité familiale pour découvrir de nouvelles choses. Mon garçon aime beaucoup les véhicules militaires et il est super content de pouvoir embarquer dans certains d’entre eux!», a expliqué Gabriel Comeau. «L’animation et les jeux gonflables sont parfaits pour les enfants. C’est certain qu’on va revenir l’an prochain!», a indiqué Mélodie Lavallée. «L’organisation est impeccable de A à Z. Les militaires prennent le temps de bien nous expliquer leur travail. Il y a aussi beaucoup de véhicules et de démonstrations», a souligné Jean-Pierre Daigle. Le colonel Stéphane Boivin, commandant du 5 GBMC, a pour sa part souligné l’importance de cette journée phare se déroulant dans le cadre des célébrations du 50e anniversaire de la brigade. Il a salué la mise en place de la populaire zone historique du 5 GBMC, tout en qualifiant l’événement de «succès sur toute la ligne».

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