Un entraînement régimentaire pour les artilleurs à Gagetown

Larger image Manœuvrer un canon efficacement demande un grand travail d’équipe et une coordination hors pair entre les différents membres du détachement de canon. (Photo : cpl K. Duggan, Imagerie, Grn Valcartier)

Par Philippe Brassard
Journal Adsum

En mai, 330 artilleurs du 5e Régiment d’artillerie légère du Canada (5 RALC) ont pris part à un exercice de trois semaines à la Garnison Gagetown, au Nouveau-Brunswick, dans le cadre de la montée en puissance de la Force opérationnelle 3-10.

Nommé PIÈCES AGUERRIES, cet exercice tenu du 1er au 20 mai a permis à quelque 150 membres de la batterie X de poursuivre leur préparation en vue de leur déploiement en Afghanistan l’hiver prochain. La moitié d’entre eux prendra part à une première mission en théâtre.
L’objectif principal pour la batterie X était d’atteindre une capacité opérationnelle de niveau 4, selon le capitaine Daniel Auger, commandant adjoint. Pour ce faire, des exercices de tir et de mouvement ont été effectués par les deux troupes de canons M777 et par la troupe d’acquisition d’objectifs, chargée de transmettre les coordonnées de tir.
La deuxième facette importante de ce grand exercice consistait à former une dizaine d’officiers sur le cours de commandant de batterie (CB), dirigé par l’École de l’artillerie de Gagetown. Les stagiaires devaient concevoir des plans d’appui-feu, ainsi que coordonner des tirs d’artillerie précis et efficaces sur des objectifs, dans un environnement complexe comme en Afghanistan.
Ayant l’expérience du théâtre afghan pour avoir été déployés en 2009, les membres de la batterie R du 5 RALC étaient présents pour soutenir le cours de CB et la batterie X, faisant notamment du mentorat.
D’après l’adjudant de poste de commandes à la batterie R, le bombardier-chef Gilles Bazinet, le mentorat permet de rendre plus fluides les procédures de tir, qui sont différentes en théâtre de celles du Québec. «À Kandahar, souvent, il y a deux ou trois nationalités impliquées sur le terrain. Ça prend des autorisations pour s’assurer qu’il n’y a pas de force amie avant de faire feu», explique l’artilleur d’expérience. «On peut montrer des trucs aux artilleurs pour obtenir les autorisations plus rapidement, advenant une demande de tir.» Cela passe par une communication radio efficace.
3400 obus
Au total, environ 3400 obus ont été tirés durant cet exercice. «On s’entraîne à tirer vite et de différentes façons. Ainsi, si on est confronté à une situation techniquement difficile en théâtre, on ne frappera pas un mur, parce qu’on l’aura déjà pratiquée», souligne le bombardier-chef. «Et si tu fais une erreur, mais que quelqu’un t’explique pourquoi, fort probable que tu ne la referas pas.»
D’autre part, la batterie X a pu se qualifier sur le canon M777, une pièce d’artillerie redoutable, moderne et répandue à Kandahar.
Les artilleurs ont aussi effectué des déploiements de canon, des mises en batterie et des procédures de défense locale. Lors de différents scénarios, les soldats ont ainsi pu pratiquer avec les armes légères (fusils C7, C9). «Si on a à être déployé en milieu austère, cet entraînement va faire en sorte que les artilleurs sont prêts à se défendre et à tirer efficacement», explique le capt Auger.
Au bout du compte, tout le régiment a bénéficié de PIÈCES AGUERRIES. «Ce qui est bien de cet exercice, c’est que ça nous a fait pratiquer des choses que normalement, au niveau régimentaire, on ne fait quasiment jamais. C’est rare qu’on a l’opportunité de sortir en régiment. Point de vue radio, point de vue discipline de tir, la façon d’agir sur les canons, les ordres; tout change dans ce contexte. Et le poste de commandement de haut niveau a pu gérer tout ça», note le bdrc Bazinet.
Pour la batterie X, «le but final était de renforcer la cohésion au niveau de troupe et de batterie. Les artilleurs ont été tellement occupés qu’à la fin, la cohésion était incroyable. Les objectifs d’entraînement ont été atteints avec brio», soutient le capt Auger, concluant que l’exercice a été «un franc succès».
Cet exercice du 5 RALC a été suivi par CASTOR RAPIDE 2. La prochaine étape sera Wainwright, en Alberta.

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