Retour du système TOW au sein des FAC

Agrandir l'image Des militaires canadiens s’entraînent sur le lance-missile TOW à la Base de soutien de la 5e Division du Canada, à Gagetown. Photo - Cpl Geneviève Lapointe, CSAAT Gagetown

Par Simon Leblanc, journal Adsum

Après environ dix ans de mise au rancart, voilà que les Forces armées canadiennes (FAC) ont décidé de remettre en fonction le système TOW, un lance-missile anti-blindé.

Comme l’explique le G5 du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada (5 GBMC), major Giles McClintock, l’Armée canadienne (AC) avait retiré le système TOW de son inventaire d’équipement avec l’intention de le remplacer par un système de dernière génération.

Or, le déploiement de militaires canadiens en Afghanistan à partir du début des années 2000 oblige l’AC à revoir ses priorités d’acquisition d’équipements. Le programme de remplacement du TOW est mis de côté, en vue de privilégier l’amélioration de la flotte de véhicules militaires.

Le Canada s’est retiré de l’Afghanistan en 2014. Depuis, la situation mondiale a changé. Par conséquent, les besoins de l’AC ont changé. Les forces terrestres doivent être en mesure d’affronter les nouvelles menaces qui ont émergé. Le projet de capacité anti-blindée a donc été remis à l’ordre du jour. Toutefois, les ressources financières n’étant pas au rendez-vous, le commandant de l’AC a ordonné la remise en service et la distribution immédiate des systèmes TOW démontés en inventaire.

«C’est primordial pour une unité, un groupement tactique ou même une compagnie d’avoir cette capacité anti-blindée», affirme le Maj McClintock.  

Plein déploiement en juin 2017

Du côté de la 2e Division du Canada, c’est le 5 GBMC qui remettra en service les systèmes TOW attribués.

L’intention est de procéder à une intégration de la plateforme anti-blindée au sein des bataillons d’infanterie. Pour le cycle de soutien actuel, le 1er Bataillon, Royal 22e Régiment (1 R22eR) aura en main quatre systèmes TOW alors que le 2e Bataillon, Royal 22e Régiment (2 R22eR) et le 3e Bataillon, Royal 22e Régiment (3 R22eR) en auront deux chacun, pour un total de huit. Lorsque les phases de montée en puissance et de haute disponibilité du 5 GBMC seront venues, ce chiffre grimpera à 12, à raison de quatre systèmes par bataillon.

Chaque unité aura son processus d’intégration et d’entraînement, qui reste tout de même standardisé pour que tout le monde possède le même niveau de compétences. Ces entraînements au niveau d’unité permettront la pleine intégration des systèmes TOW dans des entraînements collectifs dès le 30 juin 2017. La confirmation de l’intégration de la plateforme au sein du 5 GBMC sera complétée lors de MAPLE RESOLVE 18, principal exercice des FAC tenu à Wainwright, en Alberta, chaque année.

D’ici là, c’est le processus de familiarisation et les cours d’opérateurs qui priment. Le 3 R22eR a déjà reçu ses deux systèmes et le 2 R22eR les aura sous peu. Pour sa part, le 1 R22eR sera la première unité à tester le système TOW dans le cadre d’un exercice de tir réel, à Goose Bay en février 2017 lors de l’exercice CASTOR BOREAL.

Qu’arrive-t-il avec le TOW-UA?

À l’époque, le TOW pouvait être utilisé de façon montée (TOW-UA) et démontée. Cette fois, il sera opéré de façon démontée uniquement. Pourquoi? Le Maj McClintock explique que le système employé pour monter le TOW sur des véhicules blindés n’est plus à jour.

Le G5 assure toutefois que l’impact du TOW démonté ne sera pas négligeable. La longue portée des missiles, en raison du système de guidage, rend l’arme très efficace et précise. «C’est une très bonne arme. Le TOW est utilisé par nos alliés et plusieurs autres forces dans le monde. C’est le meilleur outil anti-blindé que nous avons en main présentement», laisse savoir Maj McClintock.

Le G5 du 5 GBMC n’enlève cependant rien aux deux armes anti-blindées bien établies dans les FAC, le char d’assaut Léopard 2A6M, idéal pour les tirs à moyenne portée, et le canon antichar portatif Carl Gustav, pratique pour les tirs à très courte portée.     

«Une chose est claire, le TOW est une arme critique dans une situation de guerre conventionnelle où nous avons à faire face à un ennemi qui a des capacités semblables aux nôtres», conclut Maj McClintock.

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