Discipline et leadership : le colonel St-Louis passe des messages aux lieutenants et capitaines

Agrandir l'image Le commandant du 5 GBMC, Col Michel-Henri St-Louis, s’adresse aux capitaines et lieutenants au sommet du mont Brillant pendant l’entraînement physique matinal. Photo - Sgt Sébastien Fréchette, QG 5 GBMC

Par Simon Leblanc, journal Adsum

Pour les lieutenants et capitaines du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada (5 GBMC), la journée du 30 septembre a débuté par un «PT» sur le mont Brillant du Centre Castor. En tête de file, le commandant de la brigade, colonel Michel-Henri St-Louis. Le reste de la matinée s’est également passé en sa présence, à l’amphithéâtre de la base, où le Col St-Louis n’a pas ménagé ses mots pour passer des messages importants.

Au programme : la discipline, le leadership et les sujets abordés par le chef d’état-major de la Défense (CEMD), général Jonathan Vance, lors de sa rencontre à Ottawa avec les généraux et les amiraux.

La discipline militaire est rarement abordée par les dirigeants dans ce type de rencontre, selon ce qu’en a dit le Col St-Louis le 30 septembre. Celui-ci n’a pourtant pas hésité à aborder ce sujet, reflétant les préoccupations du CEMD à l’égard du laisser-aller qu’il a observé au sein des Forces armées canadiennes (FAC) en matière de discipline, d’autorité et d’image. «Le Gén Vance veut que tout le monde se redresse immédiatement en terme d’image et de discipline. On est sur une pente glissante. Il faut que le naturel "retourne" au galop», a fait savoir le Col St-Louis aux 175 lieutenants et capitaines à l’écoute.  

Face à cette situation, le Gén Vance a mis en place le système DDDD (pour «Drill, Dress, Deportment and Discipline»), qu’on pourrait traduire dans la langue de Molière par exercice, habillement, conduite et discipline. Les DDDD visent à renforcer le respect de l’autorité du rôle de chacun. Par exemple, lorsqu’un militaire du rang croise un officier, le salut est obligatoire! «Vous êtes lieutenant ou capitaine, vous représentez une figure d’autorité intrinsèque à votre grade et reliée à votre compétence. Vous n’êtes pas l’ami de la troupe», insiste le Col St-Louis.

Pour incarner l’autorité, il faut démontrer du leadership. Le commandant du 5 GBMC a comparé le rôle d’un leader à celui que tient un chien de berger. Un leader doit faire face au danger quand vient le temps de prendre la défense de ses protégés contre les «prédateurs». C’est aux lieutenants et aux capitaines d’incarner ce rôle de protecteur, selon le commandant.

L’exemple d’un modèle de leadership

Pour illustrer ses propos, le Col St-Louis a raconté l’histoire de Richard Rescorla. En 1965, pendant la guerre du Vietnam, Richard Rescorla, alors commandant de peloton, a mené un groupe de 600 militaires à la victoire face à l’attaque de plus de 4000 Vietcongs. Sa confiance contagieuse et son approche rassurante auprès des troupes furent déterminantes pour cette victoire. Le lieutenant-colonel Hal Moore, qui était son commandant à l’époque, le décrivit comme le meilleur commandant de peloton qu’il ait jamais vu.

M. Rescorla est mort en héros lors de l’effondrement d’une des tours du World Trade Center, le 11 septembre 2001. Responsable de la sécurité pour la firme Morgan Stanley, il a ordonné l’évacuation des employés, et ce, malgré la consigne qui leur disait de rester sur place. Après avoir sauvé la vie de 2700 personnes, il perdu la sienne, ne voulant laisser personne derrière.     

Tel que dépeint dans une vidéo présentée par le chef de la brigade pendant la rencontre, un bon leader prend soin des personnes autour de lui. Il n’exclut personne et fait en sorte que tous se sentent en sécurité. Ainsi, tous sont prêts à se sacrifier les uns pour les autres.

Opération HONOUR

Dès son arrivée en poste, le Gén Vance s’est montré très ferme au sujet de l’inconduite sexuelle et, un an après le lancement de l’opération HONOUR, il se montre toujours aussi résolu à éliminer les comportements sexuels dommageables et inappropriés au sein des FAC. «Le général Vance a insisté sur le fait que c’est la porte de sortie qui attend les membres des FAC qui ne comprendraient pas cet enjeu», a affirmé le Col St-Louis. Ce dernier abonde dans le même sens, c’est tolérance zéro pour l’inconduite sexuelle. 

S’occuper des militaires

«Comment on s’occupe de notre monde au sein des FAC est au sommet de la liste de tâches du général Vance», a poursuivi le commandant du 5 GBMC.

Maintenant rendu à sa deuxième année en poste, le CEMD entend mettre l’accent également sur les services de soutien offerts aux militaires canadiens et aux vétérans. Il souhaite donner plus d’aide pour la transition vers le civil, le personnel blessé et ceux souffrant d’un trouble de stress post-traumatique, etc.

Il entend aussi emboîter le pas au gouvernement du Canada en ce qui a trait à la parité hommes-femmes en faisant passer la représentation féminine au sein des FAC de 14 % à 25 % au rythme de 1 % de plus par année.

Qu’est-ce qui attend l’AC?

Restructuration, budget, exercices et opérations, la situation mondiale actuelle pousse les dirigeants à prendre des décisions qui se répercuteront sur l’Armée canadienne (AC). Au cours de sa présentation du 30 septembre, le commandant du 5 GBMC a partagé avec son auditoire les six préoccupations exprimées par le CEMD lors de sa récente rencontre avec les généraux et amiraux :

1. Les agissements de la Russie qui provoquent des tensions sur le plan international.  

2. L’augmentation des engagements de l’OTAN en réponse aux agissements de la Russie. D’où la décision du gouvernement canadien d’envoyer de l’aide en Ukraine, en Lettonie, etc.

3. La recrudescence de l’extrémisme et la propagation de cette menace sur l’échiquier mondial. 

4. L’essor de la Chine en tant que puissance économique et démographique. 

5. La réalité économique de l’Europe et l’impact qu’aura le Brexit (la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne) sur le fardeau fiscal.

6. Les élections présidentielles américaines. Le résultat du 8 novembre aura un impact majeur sur les relations entre le Canada et son plus proche allié.

En plus de ces points, l’emploi du temps des gens du ministère de la Défense nationale est occupé par le renouvellement de la Politique de Défense du Canada qui sera effective dès 2017.

«J’encourage tout le monde à continuer de discuter de ces différents sujets au sein de la troupe», a conclu Col Michel-Henri St-Louis.

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