100 ans de la bataille de Passchendaele : échos d’une terrible épreuve

Agrandir l'image Un soldat canadien découvre qu'un obus allemand a dérangé son abri.
Par Édouard Dufour, journal Adsum

Les troupes canadiennes ont surmonté des difficultés impensables afin de remporter la victoire sur le champ de bataille chaotique d’Ypres, situé au nord-ouest de la Belgique, à l’automne 1917. Ce combat se concluant par la reprise temporaire du village de Passchendaele par les Alliés demeure un rappel des sacrifices, parfois vains, qu’exigent les guerres.

Au début du mois d’octobre, les militaires du Corps canadien sont envoyés en Belgique pour prendre la relève des forces australiennes et néo-zélandaises (ANZAC) et participer à l’offensive finale visant à reprendre le village de Passchendaele, alors détenu par les Allemands.

Le commandant Arthur Currie, lieutenant-général du Corps canadien, visite à ce moment le terrain et est affligé par les conditions qui y règnent. La zone de combat est morcelée par les milliers de trous d’obus et de fortes précipitations inondent l’endroit. Tim Cook, historien au Musée canadien de la guerre, explique que «les Allemands détenaient l’avantage de la hauteur et qu’ils avaient eu le temps d’installer de solides défenses pour défendre leur position».

Le commandant Currie plaide pour éviter d’envoyer ses hommes au combat, mais ses supérieurs prennent tout de même la décision de lancer l’offensive. Les quatre divisions du Corps canadien sont présentes. L’abondance de boue, le manque de préparation et un soutien d’artillerie insuffisant rendent critique la situation sur le terrain. «Ce fut un processus d’apprentissage par l’erreur continu», commente l’historien Tim Cook, concernant la progression des Canadiens pour la reprise de Passchendaele.

Dès le 26 octobre, l’offensive canadienne débute. L’avancée dans la boue et sous le feu de l’ennemi est lente, et les pertes sont nombreuses. Les soldats réussissent tout de même à se frayer un chemin jusqu’en zone ennemie. Au coût de lourds sacrifices, ils atteignent les abords de Passchendaele le 30 octobre, sous une pluie torrentielle.

Le 6 novembre, les Canadiens et les Britanniques lancent l’assaut pour prendre le village dévasté. C’est néanmoins le 10 novembre, après avoir dérouté les contre-attaques des forces ennemies, que les Alliés lancent la dernière attaque et neutralisent les Allemands qui occupent l’extrême est de la crête de Passchendaele. Neuf Canadiens qui ont participé à cette bataille ont reçu la Croix de Victoria, la plus haute distinction qu’un militaire canadien puisse recevoir pour acte de bravoure.

Le bilan

La victoire du Canada a été obtenue au prix d’importants sacrifices. Plus de 15 600 Canadiens meurent ou sont blessés au combat, soit presque exactement le nombre qu'avait prédit Arthur Currie. Ces derniers font partie des 275 000 victimes au sein des armées sous le commandement britannique à Passchendaele. Du côté des Allemands, 220 000 soldats sont morts ou blessés. En 1918, tout le terrain gagné par les Alliés est évacué devant la menace d'une attaque imminente des Allemands.

La victoire des Canadiens à Passchendaele renforça la réputation du Corps canadien, considéré comme l’une des forces offensives les plus efficaces sur le front occidental. Les troupes canadiennes ont par la suite été placées en tête d’une série d’avancées, lesquelles ont contribué à mettre fin à la guerre, un an plus tard, avec la victoire finale des Alliés. Les sacrifices du Canada sur les champs de bataille de l’Europe lui ont finalement permis d’acquérir une nouvelle considération internationale lui valant le privilège d’apposer sa signature sur le Traité de Versailles, qui a officiellement mis fin à la Première Guerre mondiale.



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