La flamme qui sauve des vies

Agrandir l'image Lors d’une situation grave, le Broco s’avère une ressource inestimable pour les pompiers.
Par Édouard Dufour, journal Adsum

C’est en plein cœur du chaos, en 2001, alors qu’ils étaient confrontés aux amas d’acier tordu des tours jumelles du World Trade Center, que nos alliés américains ont pris acte de la nécessité de créer le chalumeau Broco, un équipement de désincarcération bravant les limites du possible. Le 28 septembre, les pompiers du Service d’incendie de la Base Valcartier ont testéla puissance de cette machine au cours d’un exercice.

Les Forces armées canadiennes ont acquis ce précieux outil de désincarcération de blindés, suite au déploiement du Canada en Afghanistan. «C’est l’outil ultime pour désincarcérer des gens», a expliqué le capitaine Carl Sirois, du Service d’incendie de la Base Valcartier. Dans les faits, le chalumeau Broco génère une fusion pouvant atteindre 10 000 degrés Fahrenheit. Bien qu’il puisse aisément liquéfier en quelques secondes la membrane d’un véhicule blindé, les pompiers en font un tout autre usage. Le capitaine Denis Côté, chef de peloton au sein du Service d’incendie, explique qu’il ne faut jamais percer directement le blindage. «Si on fait ça, tout le monde meurt en dedans. La chaleur et la projection de particules en fusion vont brûler les occupants coincés à bord et le magnésium chauffé que contient l’alliage du véhicule les asphyxiera», déclare-t-il. La flamme du Broco est plutôt utilisée pour dissoudre les charnières extérieures des véhicules blindés.

L’outil est très polyvalent. En plus de pouvoir faire fondre le béton et perforer l’acier, il peut être manipulé sous l’eau. Étrangement, son talon d’Achille est le bois. Denis Côté stipule qu’il est particulièrement difficile de créer une fusion avec le bois, en raison de sa nature isolante.

Précautions à prendre

Le Bronco Torche se doit d’être utilisé dans le respect de consignes importantes de sécurité. En raison de la projection de métaux en fusion et des émanations de vapeurs toxiques, ceux qui manipulent cet outil doivent se munir d’une visière opaque, d’un masque respiratoire, d’un épais tablier de cuir et d’une robuste paire de gants de soudure. Les autres personnes se tenant à proximité doivent aussi se munir de lunettes spécialement conçues. «C’est l’équivalent de fixer directement le soleil», met en garde le Capt Sirois, dans le cas où certains seraient tentés de regarder la flamme sans se munir d'une protection préalable.

Le Capt Côté affirme que les outils conventionnels tels que les pinces de désincarcération multifonctionnelles seront d’abord privilégiés lors d’une intervention visant à sortir des militaires d’un véhicule blindé accidenté. Il ajoute que le Bronco Torche entrera en action «lorsqu’un blindé a fait un accident grave ou qu’il est carrément viré à l’envers». «Les gens seront peut-être inconscients ou blessés, et il se pourrait qu’il y ait un déversement hydraulique. Nous devrons alors agir vite, mais de façon sécuritaire.» Les pompiers du Service d’incendie s’entourent d’une équipe solide de premiers répondants. Ils peuvent également demander main-forte aux ambulances à l’extérieur de la Base.

«Nous sommes très satisfaits du soutien de l’armée. Nous disposons de véhicules pour pratiquer nos manœuvres, mais aussi de plusieurs autres véhicules de service», témoigne le Capt Carl Sirois.



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