L’heure du bilan pour le commandant du 5 GBMC

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Par Édouard Dufour, journal Adsum

Entraînements intenses et exercices variés ont ponctué le quotidien des militaires de la Base Valcartier au cours des derniers mois. Alors que les préparatifs de l’année de montée en puissance battent leur plein, le commandant du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada (5 GBMC), colonel Stéphane Boivin, a rencontré votre journal interne et d’autres médias de la région de Québec afin de faire état de la préparation des troupes et d’aborder les défis qui se profilent à l’horizon. 

«Nous avons noté une affluence de plus de 13 000 personnes, lors de la journée porte ouverte cet été. Les gens ont démontré un grand intérêt pour notre travail. On se devait donc d’expliquer à la communauté ce que nous sommes, ce que l’on fait et la direction que nous prenons», explique d’entrée de jeu le Col Boivin. Ce dernier dresse un bilan positif de la préparation automnale qui s’est traduite par une série d’exercices d’unité, tels que l’exercice LION INTRÉPIDE.

«Le moral des troupes est bon. Je pense que les gens voient les opportunités de déploiement et de carrière. Nous voulons aussi que les membres aient un équilibre entre leur vie professionnelle et familiale. Il faut s’assurer qu'ils ne s'épuisent pas prématurément», indique le Col Boivin au sujet du processus minutieux de préparation des troupes se déroulant à la Base Valcartier.

«Nous demeurerons à la Base Valcartier cet hiver et ce printemps, sauf lorsque nous quitterons quelques semaines pour les exercices RÉFLEXE RAPIDE et MAPLE RESOLVE», ajoute le commandant. Une série d’exercices hivernaux mettront finalement la table pour le test final de brigade à Wainwright, au printemps. Toutes les unités de combat seront alors certifiées pour l’année de haute disponibilité opérationnelle qui suivra. 

Trois théâtres opérationnels sont déjà confirmés pour 2018-2019. Pas moins de 2000 militaires du 5 GBMC seront déployés dans le cadre de ces mandats. Les militaires de la Base Valcartier participeront à l’opération IMPACT, la contribution des Forces armées canadiennes (FAC) à la coalition mondiale contre Daech en Irak et en Syrie. Ils seront également présents en Ukraine, dans la foulée de l’opération UNIFIER, l’effort d’une coalition internationale pour assurer la souveraineté, la sécurité et la stabilité de cet État face à la Russie. Cette mission en est principalement une de formation de troupes alliées. Les membres du 5 GBMC prendront aussi part à l’opération REASSURANCE, en Europe centrale et en Europe de l’Est, dans le cadre des mesures d’assurance et de dissuasion visant à renforcer la défense collective de l’OTAN. «C’est une belle entraide internationale, chaque pays apportera sa propre contribution», mentionne le Col Boivin.

Conditionnement physique

«Les rénovations au Centre des sports ont été une occasion en or de mettre le programme intégré de performance de l’avant», affirme le Col Boivin. Les unités ont maintenant accès à des moniteurs PSP de façon permanente pour encadrer l’entraînement physique. Cet encadrement a comme objectif de donner une tournure professionnelle à l’entraînement physique obligatoire des unités le matin et de prévenir les blessures, lors des entraînements. Le programme vise aussi à donner aux militaires blessés le soutien nécessaire pour se rétablir rapidement. «Je suis très optimiste pour ce programme! Nous avons un soutien incroyable du service du conditionnement physique de la base. Nous voulons démontrer à l’armée les bienfaits du programme et obtenir des fonds additionnels pour engager plus de moniteurs. (…) C’est une initiative qui est vraiment bien perçue en ce moment à l'échelle du pays», se réjouit Stéphane Boivin. 

Affiliation des membres

Alors que des médias ont récemment fait mention de la possible affiliation de militaires au groupe controversé La Meute, le Col Boivin réaffirme sa position à ce sujet. «Mon approche est de respecter les politiques en place. Le directeur à l’éthique est responsable de tout ce qui concerne le respect des valeurs des FAC. Les gens doivent remplir le formulaire DND 2839-F, Rapport confidentiel(DOAD 7021-1, Conflits d’intérêts), un formulaire confidentiel qui permet de signaler leur intention de joindre ce groupe à la chaîne de commandement. Le directeur à l’éthique autorise ensuite ou non la demande», explique le Col Boivin. Ce dernier ajoute néanmoins que le discours de ce groupe va à l’encontre du code des valeurs de l’armée, et ce, qu’il soit radical ou non. «Nous visons le respect de la dignité dans son ensemble et condamnons la discrimination fondée sur le sexe, l’âge, la nationalité ou la religion d’une personne.»

Dans les faits, rien n’empêche un militaire de s’abonner à une page Facebook de son choix, mais dès qu’il publie des commentaires allant à l’encontre des valeurs du code de discipline et que cette information parvient à la chaîne de commandement, des mesures disciplinaires administratives peuvent être prises. «S’il n’y a pas de formulaire de demande pour faire partie de la meute, aucune quantification n’est possible. Par contre, si on me donne des noms et des preuves, je pourrai faire déclencher une enquête de la police militaire concernant des membres des FAC affiliés à ce groupe. Les FAC ne portent aucun intérêt à cette organisation», conclut le Col Boivin. 

Opération HONNEUR

Le commandant du 5 GBMC soutient que l’opération HONNEUR, visant à éradiquer les inconduites à caractère sexuel, est là pour rester puisque l’élimination des comportements fautifs prendra du temps; c’est l’apanage de tout changement institutionnel majeur. «Le mouvement de société actuel ne peut faire autrement que d’aider les victimes à dénoncer leur agresseur. Je pense qu’on le voit clairement. Il ne faut qu’une première personne qui parle pour créer un effet cascade positif», avance-t-il.

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