Exercice SPARTIATE GELÉ : mobilisation massive du 3 R22eR

Agrandir l'image C’est avec une entraide efficace et une grande concentration que les membres du 3R22eR ont pu mettre un terme à une féroce menace ennemie simulée.

Par Édouard Dufour Journal Adsum

La force de frappe du 3e Bataillon, Royal 22e Régiment (3 R22eR), un total de 400 combattants, a pris part à l’exercice hivernal annuel SPARTIATE GELÉ, du 19 au 23 mars. Les militaires de l’unité ont fait une incursion au cœur du relief accidenté des monts Radar et Cosmos, en Beauce, afin de mettre en déroute une menace ennemie mobile et bien équipée, simulée par les membres de la compagnie B.

«L’ennemi se déplaçait de manière dynamique et s’est regroupé au cours de l’exercice», relate le capitaine Stéphane Hovington au sujet de l’exercice de guerre conventionnelle. Celui-ci explique que le 3 R22eR devait mener une opération rapide dans la neige, plusieurs kilomètres derrière les lignes ennemies.

Un hélicoptère Chinook a d’abord permis aux patrouilleurs-éclaireurs («pathfinders») de préparer l’arrivée des troupes en territoire ennemi. Une fois sur le terrain, les soldats avaient comme mandat d’atteindre, coûte que coûte, les sommets enneigés des monts Radar et Cosmos, pour y occuper des positions stratégiques avantageuses. Le chemin pour s’y rendre était cependant parsemé d’embûches naturelles comme des branches d’arbre, un épais tapis de neige et un froid mordant. L’utilisation de raquettes était essentielle afin de progresser dans un tel environnement, tandis que des tactiques de furtivité maximale étaient requises pour déjouer la menace ennemie.

«Cet exercice impliquant tout le bataillon suivait ceux de peloton et de compagnie effectués il y a quelques semaines. C’était aussi un défi de cohésion. Les membres ont marché plus d’une vingtaine de kilomètres, en quatre jours, en transportant tout leur équipement», précise le Capt Hovington. Celui-ci ajoute que «l’exercice se déroulait 24 heures sur 24» et que «les déplacements de nuit avec lunettes de vision nocturne étaient privilégiés pour combattre l’ennemi».

Les aptitudes des membres du bataillon étaient toutes évaluées lors de l’exercice. «Il est facile de voir si les procédures sont bien suivies. L’opération peut se compliquer rapidement dans le bois, la nuit, avec une visibilité réduite», affirme le Capt Hovington. L’officier ajoute que la Beauce s’avère un endroit idéal pour exposer les membres à «des contraintes différentes» telles que des routes et des fermes, mais également à «un relief qu’on ne trouve pas nécessairement dans les secteurs d’entraînement de la Base Valcartier». La capacité des membres à communiquer et à coordonner leurs déplacements grâce aux ondes radio a aussi été testée.

Collaboration «exceptionnelle»

«L’exercice n’aurait pas pu avoir lieu sans la collaboration des résidents», souligne le Capt Hovington. Pas moins de 50 droits de passage ont été spécialement octroyés pour cette occasion par les propriétaires terriens. Les municipalités des environs et la Sûreté du Québec (SQ) ont également offert une assistance «très appréciée». «Les gens viennent nous voir sur place et posent beaucoup de questions. Ils s’intéressent à notre travail et c’est toujours un plaisir pour nous de discuter avec la population locale!», affirme le Capt Hovington.

Les deux monts

Au début des années cinquante, la crainte d'une invasion russe par le nord incita le gouvernement fédéral du Canada et celui des États-Unis à bâtir de nombreux postes de radar. Le mont Sainte-Marguerite à Saint-Sylvestre de Lotbinière (mont Radar) fut choisi à cause de son altitude qui est la plus élevée (667 mètres) dans un rayon de 161 kilomètres. Après quatre années de construction employant jusqu'à 1500 ouvriers et un investissement de plus de cinq millions de dollars, une base militaire de 2,42 kilomètres carrés ouvrait ses portes le 15 septembre 1953. Le mandat militaire de la base a diminué au fil des ans. En octobre 2010, le promoteur Richard St-Laurent acquiert le domaine du Mont-Radar en le nommant Domaine du Radar. Il devient une base de plein air à vocation récréotouristique qui offre un grand nombre d’activités et d’événements pendant toute l’année.

Situé au cœur des Appalaches dans la municipalité de Saint-Elzéar-de-Beauce, le mont Cosmos est un site offrant une vue sur la vallée du Saint-Laurent et les montagnes avoisinantes. Le site abrite un observatoire pour astronomes expérimentés ou néophytes.

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