Avril : Mois des enfants de militaires

Agrandir l'image Maitee Quirion, Sandrine Legault et Justine Evans se sont bien adaptées à la réalité des enfants de militaire.

Par Édouard Dufour, Journal Adsum

La réalité des enfants de militaires comporte un lot de défis et d’expériences de vie uniques. Dans le cadre du Mois des enfants de militaires, l’Adsum s’est entretenu avec trois élèves de l’école Dollard-des-Ormeaux (DDO).

 

«Les enfants de nos femmes et hommes canadiens en uniforme font face à des défis qui ne sont pas le lot de la plupart des autres enfants», a déclaré le ministre de la Défense Harjit Sajjan à l’occasion du Mois des enfants de militaires. «Les familles militaires déménagent souvent, et les enfants doivent changer d’écoles et d’équipes de hockey et dire au revoir aux amis qu’ils laissent derrière eux. Des membres de leur famille s’absentent durant de longues périodes pour prendre part à des déploiements, entraînements ou exercices. Pour certaines familles militaires, le changement est parfois la seule constante dans leur vie», a poursuivi le ministre. Voyons ce que Sandrine, Maitee et Justine avaient à nous dire sur leur vie de filles de militaires.

Sandrine Legault est la plus vieille des trois élèves rencontrées. À quelques semaines de la fin de son 5e secondaire, elle envisage une carrière dans le domaine du conseil financier. «Mon père est déjà parti pendant des périodes de neuf mois. On pouvait quand même lui parler à distance avec Skype», indique Sandrine. (…) «J’ai perdu 3-4 amies depuis 2010, mais tu as souvent des nouvelles personnes qui arrivent d’autres places», poursuit-elle. Elle ajoute qu’elle n’aurait aussi «pas eu l’occasion d’apprendre l’anglais» si elle n’avait pas suivi son père lorsqu’il a été muté au Nouveau-Brunswick, il y a quelques années. Affirmant que les cultures sont similaires d’une province à l’autre, la jeune femme souligne tout de même avec une pointe d’humour que les automobilistes sont «plus stressés au volant» à Québec.

Maitee Quirion est en 4e secondaire et envisage de faire sa médecine plus tard. Pour sa part, elle a déménagé cinq fois entre le Québec et l’Ontario au cours des dernières années. «Côté adaptation, ç’a parfois été difficile. Tu as des amis qui changent aux deux ans», confie la jeune fille. À l’inverse, les retrouvailles avec des amis qu’on croyait perdus sont un phénomène propre à la vie militaire également. C’est ce qui s’est passé pour Maitee et son amie Julia l’an dernier qui, à leur grande joie, se sont retrouvées dans la même classe à Valcartier. «Déménager fait partie de la vie militaire, mais tout le monde est capable de passer au travers. Les profs sont présents pour nous, certains depuis plusieurs années, et personne n’est gêné d’aller les voir lorsqu’on a un problème», soutient Maitee. L’adolescente ajoute que les élèves de DDO s’entraident constamment. «Ceux qui arrivent sont rapidement inclus et personne n’est laissé seul dans un coin!», souligne-t-elle. «Il ne faut pas s’inquiéter pour les amis, parce qu’il y en aura toujours», conclut-elle avec confiance.

Justine Evans, en 3e secondaire, a vécu un parcours différent de ses deux camarades. Son père a été muté quatre ans à Montréal, alors qu’elle restait à Québec avec sa mère. «C’était plus dur quand mon père revenait une fin de semaine sur deux», affirme-t-elle, tout en ajoutant qu’elle profitait cependant de son retour pour faire des activités en famille. Heureusement, le milieu où les trois jeunes filles évoluent est bien au fait de leur vécu. «Les gens savent ce qui arrive. On peut parler avec tout le monde parce qu’on sait qu’ils vont comprendre», affirme Justine au sujet du personnel de son école et de ses amies. Quel travail pense-t-elle faire dans l’avenir? Pour le moment, elle songe au métier de policière.

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