Op PRESENCE : un travail crucial

Agrandir l'image Les membres de l’équipe médicale canadienne au Mali pratiquent une sortie de l’hélicoptère CH-147 Chinook, sous l’œil vigilant de la force de protection les accompagnant, le 28 juillet 2018.

Par Édouard Dufour, +adsum@forces.gc.ca

Le Canada est l’un des 57 pays impliqués au sein de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Daniel Baulne est l’adjudant-chef de la Force opérationnelle canadienne au Mali et le sous-officier supérieur au sein de l’équipe de commandement. Il dresse un bilan de la présence canadienne des derniers mois en sol malien.

 

Au quotidien, l’Adjuc Baulne doit s’assurer que les militaires canadiens ont tout ce dont ils ont besoin sur les plans du moral, de la discipline et de l’environnement de travail pour accomplir avec succès leur mandat. Ayant à son actif des déploiements en Bosnie et en Afghanistan, l’Adjuc Baulne mentionne que le contexte de l’op PRESENCE, une mission de stabilité et de maintien de l’ONU, est différent de celui des missions menées par l’OTAN. Il explique cependant que certains aspects de l’environnement de travail au Mali sont similaires à l’Afghanistan, tels «le sable, la chaleur, la poussière et les vastes paysages désertiques».

Un mandat clair

Concrètement, la MINUSMA compte sur le Canada pour assurer les opérations aéromédicales au Mali. Pour ce faire, les troupes canadiennes, une force composée de 250 membres, disposent de trois hélicoptères Chinook et de cinq Griffon. «Nos hélicoptères sont disponibles 24 heures par jour, sept jours sur sept», précise l’Adjuc Baulne. Il ajoute que lorsque les hélicoptères Chinook prennent leur envol pour effectuer une mission de sauvetage, c’est une équipe complète de 13 personnes qui monte à bord de chaque appareil. Ce groupe spécialisé inclut l’équipage chargé du pilotage de l’appareil, une équipe de deux médecins, ainsi que des membres du 3eBataillon, Royal 22e Régiment, responsables d’assurer la protection de l’équipe médicale. «L’équipement de ces hélicoptères est à la fine pointe de la technologie et les médecins à bord ont pratiqué la médecine dans les urgences des plus grandes villes du Canada», précise l’Adjuc Baulne.

Au moment d’écrire cet article, les militaires canadiens avaient effectué trois opérations de sauvetage au Mali. «Les gens secourus avaient des blessures importantes, mais leur vie n’était pas en danger. Notre personnel médical est cependant toujours prêt à traiter des blessures pouvant menacer la vie», indique l’Adjuc Baulne.

Outre les opérations aéromédicales, le Canada offre également à la MINUSMA une assistance aérienne en matière de transport de troupes et d’équipements. «Nous sommes à mi-chemin de la mission et le moral va bien. Les troupes sont contentes d’être ici et d’avoir cette opportunité de gagner en expérience», ajoute Daniel Baulne.

Pas seuls

L’Adjuc Baulne fait état d’une situation pouvant changer «d’une journée à l’autre» au Mali. «On peut rapidement passer d’une situation bénigne à une autre très complexe», mentionne-t-il. Selon lui, les experts en renseignement des pays partenaires de la MINUSMA jouent un rôle essentiel en fournissant toute l’information nécessaire aux équipages des hélicoptères canadiens opérant à l’extérieur du campement.

«Nous maintenons de très bonnes relations avec les forces alliées. Le Canada est bien accueilli parmi les partenaires et les autres nations apprécient notre attitude aimable. La communication est aussi facilitée puisqu’un bon nombre des États membres de la MINUSMA parlent français, comme le Niger et le Nigéria», affirme l’Adjuc Daniel Baulne.

Les militaires canadiens résident au camp Castor. Celui-ci a été préalablement mis en place et sécurisé par les Allemands. Ce camp dispose d’une cantine, d’abris climatisés faits d’armatures de métal et d’un gymnase. «C’est actuellement l’un des endroits les plus sécuritaires au Mali», explique l’Adjuc Baulne.

Le contexte

Des groupes armés ont mené une rébellion dans le nord du Mali en janvier 2012. Suite à ces événements, un coup d’État militaire a été fomenté le 22 mars de cette même année. Une junte militaire a alors pris le pouvoir. Elle a ensuite suspendu la constitution et dissout les institutions gouvernementales. Plus tard en 2012, les forces gouvernementales au sud ont été vaincues. Des acteurs régionaux sont ensuite intervenus en créant un accord pour établir un gouvernement de transition. La MINUSMA a été établie par la résolution 2100 du Conseil de sécurité de l’ONU le 25 avril 2013. Elle a été chargée de soutenir les autorités de transition du Mali pour stabiliser le pays et mettre en œuvre un plan de transition.

Les membres de l’équipe médicale canadienne au Mali pratiquent une sortie de l’hélicoptère CH-147 Chinook, sous l’œil vigilant de la force de protection les accompagnant, le 28 juillet 2018.


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