«Pathfinder» : une tradition d’excellence

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Par Édouard Dufour, +adsum@forces.gc.ca

Une vingtaine de candidats provenant du Royal 22e Régiment (R22eR), du Princess Patricia's Canadian Light Infantry et du Royal Canadian Regiment se sont frottés au défi colossal que représente le cours national d’éclaireurs-patrouilleurs (pathfinder en anglais), du 12 août au 26 octobre, à travers le Canada.

Le cours de pathfinder est l’un des plus ardus des Forces armées canadiennes (FAC). On y forme des combattants d’élite pouvant s’introduire furtivement derrière les lignes ennemies. Le sergent René Gagnon-Desjardins, membre du 3e Bataillon, Royal 22e Régiment (3 R22eR), détient cette formation depuis 2017. Il a récemment joué le rôle d’instructeur auprès de la nouvelle cohorte prenant part à la formation. «Les candidats devaient absolument travailler en équipe pour espérer réussir. Ceux qui sont individualistes ne terminent généralement pas la formation», explique-t-il.

Un peu moins de la moitié des candidats ont réussi la formation cette année. Le Sgt Gagnon-Desjardins stipule que le cours est «très exigeant pour le corps». Plusieurs candidats ont d’ailleurs dû baisser pavillon en raison de blessures. Des sept candidats provenant du Québec, trois ont réussi à terminer la formation. Le lieutenant Pascal Joseph du 3 R22eR, le sergent Keven Leblond (anciennement du 3R22eR) du Centre d’instruction supérieure en guerre terrestre de l’armée canadienne (CISGTAC), ainsi que le caporal-chef Alexandre Doyon, un membre de l’unité de Réserve des Fusiliers de Sherbrooke, ont tous mérité leur titre de pathfinder au terme du cours.

Des épreuves à la tonne

C’est au CISGTAC, à Trenton, que s’est amorcée sur les chapeaux de roues la formation des candidats. Les épreuves physiques et mentales étaient alors légion. Les candidats ont pris part à des exercices de navigation dans lesquels ils devaient déterminer par triangulation leur position géographique. Largués dans une zone rurale inconnue, et ce, à plus d’une dizaine de kilomètres de leur objectif, les militaires devaient retrouver leur chemin.

Quelques jours plus tard, les aspirants pathfinders ont enfilé leur combinaison de nage, afin d’amorcer une série d’exercices d’insertion nautique dans les eaux saisissantes de froid du lac Ontario et de sa baie.

Toujours en maintenant une cadence d’entraînement effrénée, les candidats se sont ensuite dirigés vers la capitale de la Colombie-Britannique, Victoria, pour entreprendre «la phase en eau salée» de la formation. Cette étape du cours a mené les candidats à collaborer avec la Marine royale canadienne. L’utilisation efficace de sous-marins et de navires canadiens dans un contexte d’insertion de combattants pathfinders a alors été au cœur de l’apprentissage.

Dernière ligne droite

Après plusieurs semaines intensives, c’est finalement à la Base Valcartier, du 3 au 18 octobre, que s’est déroulé le test final pour les participants encore en lice. «Dans les secteurs d’entraînement, les candidats devaient préparer des zones de largage et d’atterrissage variées pour des membres de compagnies d’infanterie», relate le Sgt Gagnon-Desjardins. Les candidats étant confrontés à une charge de travail massive et à des intempéries automnales cinglantes, c’est au cours de cette ultime étape que leur résilience et leur détermination ont été repoussées jusqu’à leur extrême limite.

«Les candidats étaient très motivés. Certains attendaient cette occasion dès leur entrée dans les Forces! Ce fut un plaisir de voir leur évolution au fil des semaines», précise le Sgt Gagnon-Desjardins. Celui mentionne que les nouveaux éclaireurs-patrouilleurs pourraient éventuellement conseiller les commandants de compagnie, de bataillon et même de brigade, en ce qui a trait l’insertion de la force principale en contexte de guerre conventionnelle. «C’est une formation exigeante, mais faisable pour les gens motivés et bien préparés physiquement», conclut le Sgt Gagnon-Desjardins.

Un nouveau pathfinder

Avant toute chose, les candidats intéressés au cursus de la formation pathfinder se doivent de réussir le cours de reconnaissance et de parachutisme de base. Après avoir complété ces étapes initiales, le Lt Pascal Joseph a successivement pris part la sélection et au cours préparatoire offert par son unité, le 3 R22eR. Maintenant confirmé pathfinder, il est d’avis que cette préparation exhaustive a contribué à sa réussite.

Le Lt Joseph témoigne aussi des liens qui se sont formés entre les candidats. «La collaboration entre nous était très importante. En raison des multiples tâches que nous devions accomplir, il était capital que tous les membres de notre petite équipe soient sur la même longueur d’onde», confie-t-il. Le militaire explique que tous les candidats avaient des forces et des faiblesses, et que c’est en s’entraidant tous qu’ils ont été en mesure de faire face à l’adversité. «Quand on voyait que quelqu’un avait une mauvaise journée et des moments de doute, on prenait une partie de son équipement pour lui alléger la tâche», donne à titre d’exemple le Lt Joseph. Celui-ci souligne le travail professionnel des instructeurs du cours, tout en qualifiant de «difficile à décrire» la satisfaction d’avoir réussi cette formation.

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