Des nouvelles des membres du 5 GBMC en Ukraine

Agrandir l'image Le Maj Simon Mailloux témoigne des succès générés en Ukraine par la présence des FAC et de leurs alliés.

Par Édouard Dufour, +adsum@forces.gc.ca

Le major Simon Mailloux, commandant de la compagnie A du 1er Bataillon, Royal 22e Régiment (1 R22eR), est déployé en Ukraine à titre de commandant de la compagnie de soutien interarmées. Accompagné de 80 collègues, il collabore à la formation d’un bataillon tactique ukrainien au Centre international de sécurité et maintien de la paix de l’Ukraine. Retour sur ce mandat d’importance.

Dans le cadre de cette sixième rotation, les militaires canadiens, dont plusieurs membres du 1 R22eR et d’autres unités du 5eGroupe-brigade mécanisé du Canada (5 GBMC), contribuent activement à l’entraînement collectif et individuel des forces de sécurité ukrainiennes. Le mouvement de véhicules, le tir statique avec arme de service et le tir à la grenade sont tous des compétences des Ukrainiens que les troupes canadiennes aident à renforcer.

Bien qu’à l’entraînement les fusils C7 et les chars Léopard utilisés par le Canada soient remplacés par les AK-47 et les blindés T-80, tous les deux des legs datant de l’époque de l’ex-URSS, le Maj Mailloux estime que les principes fondamentaux de l’entraînement demeurent cependant les mêmes. «Nous souhaitons aider les forces ukrainiennes à atteindre les standards de l’OTAN et préparer la plupart des troupes à aller combattre dans la zone de conflit à l’est de l’Ukraine», élabore-t-il.

Mandat évolutif

Depuis la mi-septembre, les membres des Forces armées canadiennes (FAC), assistés par leurs alliés américains, britanniques, lituaniens, polonais, suédois et danois préparent un corps de marines ukrainiens au combat. «Après Noël, nous amorcerons la formation d’une brigade, ce qui va multiplier par trois notre effort de soutien à l’instruction», précise le Maj Mailloux. En prévision de l’augmentation imminente de cette charge de travail, les Canadiens accentueront leur étroite collaboration avec leurs alliés. «L’excellente réputation des troupes canadiennes nous permet de gagner rapidement le soutien de nos partenaires», ajoute le Maj Mailloux.

Le contexte

«Les Ukrainiens sont habiles, curieux et inventifs. Dès qu’on leur explique une nouvelle façon de faire, ils ont tout de suite une vingtaine de questions. Il faut comprendre que l’Ukraine est un pays en guerre. Ce qu’ils apprennent est critique pour eux parce qu’ils vont le mettre en pratique sur le champ de bataille très prochainement», mentionne le Maj Mailloux.

«Certains disent que la situation est gelée dans le temps. Ce n’est cependant pas la lecture que j’en fais. C’est un conflit qui crée encore des pertes des deux côtés. On dénombre des blessés graves et des morts sur une base presque journalière», explique le commandant de la compagnie de soutien interarmées.

«Depuis 2014, l’Ukraine est un pays envahi dont les forces sont en tout temps au combat. Les civils ukrainiens nous parlent des membres de leur famille qui sont présentement au front dans l’est du pays», met en lumière le Maj Mailloux, en ce qui a trait à la menace russe en Ukraine.

Défis de taille

«Le modèle de l’armée ukrainienne remonte à la Guerre froide. C’est une approche très directive dans laquelle les ordres viennent d’en haut et où les subalternes attendent les ordres avant de bouger. Nos efforts consistent à amener le modèle canadien basé sur l’initiative», relate le Maj Mailloux. Celui-ci explique que la barrière linguistique est le second grand défi de ce déploiement. «Nos gens, pour la plupart francophones, doivent collaborer en tout temps avec des traducteurs. Ils parlent en anglais et les traducteurs convertissent ensuite le tout pour nos partenaires ukrainiens», souligne le Maj Mailloux. Cependant, les militaires canadiens utilisent souvent les signes pour faire comprendre leur message. «Il faut tout de même demeurer patient. Un entraînement d’une durée normale de trois jours peut en nécessiter cinq ici», conclut le Maj Mailloux à ce sujet.

Forger des liens

Sur le terrain, les militaires canadiens bâtissent des liens durables avec leurs homologues ukrainiens. «Ce sont des gens fiers et accueillants. Ils veulent vraiment échanger avec nous. Ils nous ont invités à chacune de leur soirée depuis notre arrivée. La communauté ukrainienne est très présente au Canada. On se sent donc un peu comme à la maison ici!», raconte le Maj Mailloux. Fait notable, les membres du 5 GBMC déployés en Ukraine ont l’occasion de jouer des parties de hockey amicales avec leurs alliés ukrainiens.

«Les jeunes qui s’enrôlent dans l’armée ukrainienne sont parfois anxieux. Ils nous disent que notre présence leur donne confiance. On apprend aussi des militaires ukrainiens parce qu’il y a beaucoup de vieux loups qui font état de bonnes leçons qu’ils ont apprises au combat. Les membres du 5 GBMC qui vont revenir de ce déploiement détiendront un grand bagage de connaissances tactiques sur l’Ukraine qui effectue une modernisation du système soviétique», confie le Maj Mailloux. Le militaire canadien stipule par ailleurs que la population de l’Ukraine est en mesure de tirer son épingle du jeu sur le plan économique en poursuivant son développement, et ce, malgré le climat de guerre.

Maintenir le cap

«Le moral des troupes est très bon. Les gars et les filles avaient hâtent de débuter le travail. Il y a bien sûr des défis quotidiens, mais aucun n'est en dehors de nos capacités. Les gens ont hâte de revoir leur famille, mais l’accent est sur la mission», décrit le Maj Simon Mailloux. «Être loin de chez soi, ce n’est jamais facile, mais quand c’est pour quelque chose d’aussi important que ce que l’on fait en Ukraine, c’est valorisant», conclut-il avec optimisme.

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