CASTOR PRIMUS : simulation ultra-réaliste pour les combattants du 2 R22eR

Agrandir l'image Les véhicules blindés étaient le bouclier idéal pour les troupes, lors de leur entraînement.

Par Édouard Dufour, +adsum@forces.gc.ca

Deux compagnies du 2e Bataillon, Royal 22e Régiment (2 R22eR) ont participé à l’exercice CASTOR PRIMUS du 13 au 16 novembre dans les secteurs d’entraînement de la Base Valcartier.

 

Au total, 120 membres provenant majoritairement de la compagnie A et de la compagnie de commandement (CAT) étaient de l’exercice. Certains parmi eux participeront à la mission de renforcement de capacité des partenaires menée par l’OTAN en Irak, à compter du mois de janvier.

Le scénario proposé aux troupes était corsé. Il mettait en scène les forces hostiles d’un pays ennemi qui avaient traversé, avec des intentions belliqueuses, la frontière les séparant d’une zone urbaine abritant la population civile d’un pays allié du Canada.

Les participants ont d’abord pris part à plusieurs mises en situation de taille variable se déroulant principalement dans le village Dubé et le champ de tir complexe, des zones de combat urbaines conçues pour ce genre d’entraînement.

À la liste des scénarios figurait la délicate opération d’interception d’un véhicule civil contenant une bombe artisanale, effectuée par les ingénieurs attachés au 2 R22eR en vue du déploiement. Une attaque ennemie simulée au mortier et deux scénarios médicaux, dont un qui impliquait la prise en charge d’un militaire ayant subi le sectionnement de la mâchoire, étaient également au programme de CASTOR PRIMUS.

Le visage fouetté par la brise glaciale et confrontées aux précipitations abondantes de neige, les troupes ont dû faire face à un climat changeant, de jour comme de nuit. «Le changement de température est arrivé vraiment vite, ce qui a surpris plusieurs participants et demandé une certaine période d’adaptation», souligne le lieutenant Sylvain Cantin, capitaine de bataille de la compagnie A du 2 R22eR.

À l’attaque

Au cours de l’exercice CASTOR PRIMUS, les participants ont établi des bases d’opérations avancées près des villages d’entraînement de la Base. C’est à partir de ces repères qu’ils ont méticuleusement planifié l’élimination des troupes ennemies ayant pris possession du cœur du village Dubé. «Nous savions que l’ennemi allait tenter de maintenir sa position dans le village en appliquant des manœuvres retardatrices», explique le Lt Cantin.

Lors de l’assaut final, les combattants du 2 R22eR ont usé de stratégie. Ils ont d’abord attiré l’attention de l’ennemi en créant un barrage de fumigènes à l’entrée du village. Ayant réussi à entraver la visibilité des insurgés, les militaires canadiens ont simulé une attaque frontale du village en avançant brièvement les véhicules blindés à leur disposition. «Pendant ce temps, deux pelotons d’infanterie dissimulés dans le bois ont pris d’assaut le village. Ils ont ensuite débusqué l’ennemi dans chacun des bâtiments où il se cachait, tout en sécurisant au passage la population civile», détaille le Lt Cantin. Celui-ci ajoute que des points de contrôle routier ont rapidement été installés, simultanément avec l’attaque, afin de capturer les combattants ennemis tentant de prendre la fuite.

CASTOR PRIMUS visait l’atteinte du niveau 3 en matière de compétence de peloton, tout en prévoyant l’implication de deux compagnies dans un contexte simulé de déploiement d’un bataillon à l’étranger. «Les plus grands défis ont été les interactions avec les civils, le respect des règles d’engagement et l’alternance rapide entre une posture agressive d’attaque et une autre plus calme», conclut le Lt Cantin.

Bientôt en Irak

Une partie du poste de commandement du 2 R22eR, celui de la compagnie A, ainsi que deux pelotons de cette compagnie seront déployés en Irak dans le cadre de l’opération IMPACT, à la fin janvier. «Pour une période de six mois, nous collaborerons aux formations individuelles, de section, de peloton et de leadership auprès de bataillons irakiens d’intervention rapide», mentionne le major Jérôme Duval, commandant de la compagnie A du 2 R22eR. Sur le terrain, le maniement des armes, les tactiques d’attaque et les opérations générales en zone urbaine seront les principaux enseignements qu’offriront les militaires canadiens à leurs alliés irakiens. «Le moral des troupes est très bon! Nous avons l’intention de bâtir nos prochains entraînements en fonction de ce qui a été appris lors de l’exercice CASTOR PRIMUS», ajoute le Maj Duval.

<< Retour à la page d'accueil