Exercice BOMBARDE BORDÉE : l’artillerie à son meilleur

Agrandir l'image Les opérateurs ont effectué plusieurs ajustements cruciaux à ce canon m 777 avant d’effectuer de puissants tirs d’obus.

Par Édouard Dufour, +adsum@forces.gc.ca

Près de 250 militaires ont pris part à l’exercice annuel BOMBARDE BORDÉE, du 20 au 25 novembre, dans les secteurs d’entraînement de la Base Valcartier. Cet exercice dynamique avait comme objectif de confirmer les aptitudes collectives et individuelles des membres du 5e Régiment d’artillerie légère du Canada (5 RALC).

BOMBARDE BORDÉE incluait également la participation des réservistes des 2e et 6e Régiments d’artillerie de campagne. «Un des objectifs de cet exercice est la coordination des feux d’appui régimentaire dans un contexte multiunité», explique le capitaine Gyslain Clément, du 5 RALC. Pour ce faire, les troupes ont effectué plusieurs tirs réels à l’aide de canons de type M777 et C3. Ces engins peuvent propulser à grande vitesse des obus d’une taille variant entre 105 et 155 millimètres.

Alors que la plupart des troupes s’affairaient à manœuvrer les canons, d’autres avaient le mandat de se dissimuler près de l’ennemi dans un poste d’observation afin d’engager l’ennemi avec l’appui feu disponible.

Le Capt Clément mentionne que certains membres dont la tâche est de faire de l’acquisition d’objectif étaient dotés «de radars et d’avions miniatures», afin d’accomplir leur objectif de surveillance. Les informations qu’ils transmettaient ensuite aux opérateurs de canon ont permis de pilonner d’obus la position factice de l’ennemi, et ce, avec une précision quasi chirurgicale.

Vaste simulation

En plus de manipuler des canons et d’avoir recours à de nouvelles technologies d’observation, les participants à l’exercice BOMBARDE BORDÉE étaient confrontés à un scénario complexe et évolutif. Ils devaient interagir avec une population civile menacée, un groupe d’insurgés ainsi qu’une force ennemie concentrée aux frontières d’un pays allié du leur. «Les troupes fonctionnaient dans un contexte de mission de stabilisation menée par une coalition de l’OTAN», souligne le capitaine Gregory Riddoch, officier des opérations du 5 RALC.

L’intensité de l’exercice a été augmentée avec soin au fil des jours. Alors que les militaires canadiens devaient initialement interagir avec des civils blessés ou malades réclamant des soins d’urgence, ils ont ensuite fait face à la progression rapide des troupes du pays envahisseur. «Il y a alors eu une escalade de la force et le scénario s’est transformé en guerre conventionnelle», relate le Capt Riddoch. Celui précise que la capacité des troupes à respecter avec précision les règles d’engagement de l’ennemi était l’une des priorités de l’exercice BOMBARDE BORDÉE.

Lors du scénario, l’ennemi était personnifié par plusieurs groupes de militaires provenant du 5 RALC. Ceux-ci étaient éparpillés dans les secteurs d’entraînement et pouvaient surgir et attaquer, à toute heure du jour ou de la nuit.

Un oiseau de métal

Le bombardier-chef François Lafontaine, du 5 RALC, était posté à l’un des points de repère surélevés dans les montagnes permettant d’observer l’ennemi à distance. Il opérait alors l’un des avions miniatures sans pilote dont dispose son unité. «Nous pouvons confirmer que l’ennemi a bien été neutralisé en effectuant des vols de reconnaissance au-dessus des zones d’impacts des obus», explique le Bdrc Lafontaine.

Aux commandes de ce type d’engin téléguidé depuis cinq ans, Il souligne les capacités de cette machine. «L’appareil peut être piloté manuellement à partir du sol. Une fois dans les airs, nous pouvons aussi lui faire maintenir automatiquement une orbite autour d’un point précis. Il peut résister à des températures allant jusqu’à 29 degrés Celsius sous zéro. Son altitude maximale atteint 2000 pieds et il est muni d’une caméra», énumère le Bdrc Lafontaine.

Il ajoute que l’avion miniature peut produire un faisceau lumineux invisible à l’œil nu, seulement perceptible par ceux qui utilisent des lunettes de vision nocturne. «À la tombée du jour, le faisceau devient alors une lampe de poche provenant du ciel et peut indiquer clairement le chemin à suivre ou une cible aux alliés se trouvant au sol», conclut le Bdrc Lafontaine.

Importante tradition

Les unités du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada ont chacune leurs propres coutumes et traditions. Celles-ci cimentent la fierté et le sentiment d’appartenance des membres des unités. Alors que l’exercice BOMBARDE BORDÉE tirait à sa fin, une quarantaine d’anciens membres du 5 RALC, tous à la retraite ou sur le point de l’être, ont été conviés dans les secteurs d’entraînement afin de tirer une ultime fois un coup d’obusier. «C’est une tradition dans l’artillerie. Les gens sont alors émotifs parce qu’ils vont pouvoir toucher pour une dernière fois les pièces qui représentent en quelque sorte l’âme de l’unité», confie le Capt Gyslain Clément.

 

<< Retour à la page d'accueil